JEUNE CHANTEUSE : A

COMEDIENNES | ACTRICES

CHANTEUSES - COMEDIENNES



VIDEOS - CLIPS



Un colloque A la Sorbonne pour marquer l’anniversaire du referendum du 29 mai 2005



Revue-republicaine.org 

Un colloque pour que le Non soit respecté
 
Certains voudraient faire comme s’il n’avait jamais eu lieu. Pourtant ceux qui ont animé la campagne du Non n’ont pas oublié le référendum du 29 mai 2005.

En témoigne le nombre et la qualité des rassemblements et colloques qui ont marqué le premier anniversaire de l’événement : sans vouloir être exhaustif, on citera à Paris un colloque organisé à l’Assemblée nationale par Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République, avec la participation de plusieurs députés européens venus des Pays-Bas, du Danemark, de Suède, de Pologne, d’Irlande qui ont tous dit comment le non français fut pour eux libérateur ; un colloque organisé par Philippe de Villiers et le Mouvement pour la France, un autre par Pierre Lévy de Bastille Nation République, ainsi que plusieurs manifestations en province : à Lyon, à Montpellier à Toulouse, notamment. « Que cent fleurs s’épanouissent ! » : en cette fin de printemps, une telle multiplicité n’est pas le signe de la dispersion mais de la vitalité.

Parmi ces colloques, on retiendra particulièrement celui qui a été organisé à la Sorbonne le 27 mai. Moins politique, il regroupait devant un amphithéâtre à peu près plein — en plein week-end de l’Ascension ! — une trentaine d’intervenants, intellectuels ou experts de haut niveau en trois tables rondes : politique, économique, internationale, sur le thème : « Le Non au référendum, une chance pour la France, une chance pour l’Europe. »

Le colloque se tenait sous l’égide des Cercles du 29 mai, organisation transcourants, présente à Lyon, à Paris, à Toulouse et bientôt à Montpellier, dont l’objectif est que, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle de 2007, le résultat du référendum soit respecté.

Il se situait dans la continuité de celui qui avait rassemblé, le 14 mai 2005, dans le même lieu prestigieux, au cours de la campagne référendaire, un « Collectif pour une autre Europe ».

Le colloque a été ouvert par Jean-Paul Bled, professeur à la Sorbonne, qui a rappelé l’importance de l’événement célébré tant dans l’histoire française qu’européenne, puis par Roland Hureaux, selon qui une stratégie de dénégation du résultat du référendum est à l’œuvre tant au niveau français qu’européen, visant à remettre la Constitution en route. Stratégie d’autant plus regrettable que, croit-il, se trouvera nécessairement privé de légitimité intérieure (la crise du CPE) et extérieure (la voix de la France devenue inaudible) tout gouvernement français ne prenant pas pleinement en compte le résultat du 29 mai.

La table ronde politique a été illustrée par les interventions de Pierre Manent, auteur de La Raison des nations (Gallimard), selon qui la nation se trouve aujourd’hui bien davantage menacée par le culpabilisation de notre histoire que par les directives de Bruxelles ; allant dans le même sens, Paul Thibaud propose la création de lieux de concertation entre les peuples européens différents des aréopages de Bruxelles. Anne-Marie Le Pourhiet tente de faire des propositions alternatives à la Constitution européenne passant par le respect authentique du principe de subsidiarité. Olivier Gohin explore les ressources qu’offre encore la Constitution française pour qui veut défendre la souveraineté nationale. François Asselineau exprime son scepticisme sur la perspective d’une « autre Europe » dans la mesure où la plupart de nos partenaires, inféodés à l’ordre nord-américain, n’accepteront que des projets conformes à celui-ci. Alain Bournazel, quoique ancien président de la Confédération européenne, exprime lui aussi son scepticisme sur l’idée de confédération, à ses yeux obsolète.

Autour de la table ronde économique, la plupart des intervenants se sont mis d’accord pour considérer que les erreurs de politique économique qui ont conduit à la crise européenne et donc au rejet de la Constitution n’ont nullement été corrigés. Jean-Pierre Vesperini le montre, en examinant la politique toujours aussi restrictive de la Banque centrale européenne. Jean-Luc Gréau insiste sur la divergence grandissante des économies européennes qui rend la survie de l’euro aléatoire. Jean-Jacques Rosa voit dans le référendum une victoire du vrai libéralisme ; contrairement à d’autres, il pense, au vu du regain de nationalisme économique, que le message a été entendu. Michel Moise-Mijon, syndicaliste, insiste sur la crise démographique, vrai commun dénominateur de l’Europe. François Morvan plaide pour des ensembles continentaux relativement protégés comme alternative à la mondialisation sous-jacente au traité constitutionnel. Comme après lui Claude Rochet, il plaide en faveur de projets concrets, notamment en matière de recherche et de technologique.

Jean-Paul Bled reprend la parole pour introduire la table-ronde diplomatique. Il souligne combien la politique française, après les audaces de la guerre d’Irak, est en train de se normaliser derrière le grand frère américain. Paul Thomson montre combien le référendum français a été bien accueilli outre Manche où il répondait au sentiment profond du peuple britannique. Edouard Husson, tout en étant partisan de poursuivre un partenariat privilégié avec l’Allemagne pense qu’il soit être établi sur la base du parler-vrai et que, pour cela, la France ne doit pas hésiter à engager un dialogue franc sur certaines questions où les points de vue divergent, comme le commerce ou la monnaie. Guillaume Bigot fait le constat de la vacuité de la politique européenne et de sécurité commune tandis que Philippe de Saint-Robert, donnant quelques exemple accablants, déplore les trop nombreux abandons des intérêts de la France par ses dirigeants notamment en matière d’usage du français.

Roland Hureaux tire les conclusions en soulignant la grande richesse de points de vue et des analyses, richesse qui témoigne que le pouvoir intellectuel est désormais, quoi qu’en pense un certain establishment, du côté des partisans du non. Il rappelle également combien il est nécessaire aux Français d’être vigilants s’ils veulent que leur vote historique du 29 mai 2005 soit respecté.

Malgré les inévitables divergences entre intervenants les uns plus libéraux, les autres plus étatistes, les uns, pessimistes, pour qui l’Europe est appelée à un délitement progressif, les autres, volontaristes, désireux de reprendre l’entreprise européenne sur de nouvelles bases, ces échanges ont marqué une forte unité de points de vue sur quelques thèmes majeurs :
  l’importance historique du vote du 29 mai 2005 ;
  la gravité de la crise économique sociale et morale que travers l’Europe, crise à laquelle le projet constitutionnel n’apportait aucune réponse ;
  l’impossibilité de reconstruire quelque chose de sérieux en Europe sans prendre pleinement en compte le message du référendum.

Que le combat contre la pensée unique soit encore loin d’être gagné est démontré par la déplorable pauvreté de la couverture de presse de ces différents événements. Que le seul journaliste présent au colloque à la Sorbonne ait été le correspondant du Financial Times est à soi seul un symbole d’une certaine décadence de la presse française. Par ces agissements, celle-ci, ne contribue pas à désinformer seulement l’opinion mais aussi le pouvoir, un pouvoir qui pourrait être désagréablement surpris s’il imagine que les Français ont oublié leur vote du 29 mai.

Roland HUREAUX

Sorry, comments for this entry are closed at this time.


VIDEOBLOG