Chez Tadié :
Albertine est l’héroïne dont les liens avec le temps sont les plus forts.
Son physique change d’un instant à l’autre ;
elle est liée au passé, “magicienne me présentant un miroir du Temps”, comme à l’avenir, “tout un avenir d’existence qui avait pris pour moi la forme allégorique et fatale d’une jeune fille.”
Elle est liée encore à la “fuite”, celle qui emporte les jeunes filles aperçues un instant d’une voiture ou d’un train, celle qui éloigne de vous les êtres mystérieux :
“Entre vos mains mêmes, ces êtres-là sont des êtres de fuite. Pour comprendre les émotions qu’ils donnent et que d’autres êtres, même plus beaux, ne donnent pas, il faut calculer qu’ils sont non pas immobiles, mais en mouvement, et ajouter à leur personne un signe correspondant à ce qu’en physique est le signe qui signifie vitesse”.
Vitesse du secret, de la poursuite, de la fuite se confondent avec celle du temps, dont Albertine est la “grande déesse” : “m’invitant sous une forme pressante, cruelle et sans issue, à la recherche du passé, elle était plutôt comme une grande déesse du Temps”, si bien que le narrateur doit être délivré d’Albertine pour découvrir l’intemporel.
Proust et le roman, 339
Jeune femme, Place Vendôme, Avril 2007
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September 29th, 2007 by page2007.com | Posted in litterature, Carnets | 2 Comments »