Gabriel Matzneff, Julien Sorel et Raskolnikov


“Julien Sorel et Raskolnikov sont tous deux animés par le désir d’être “un second Napoléon”.

Mais l’histoire racontée par Stendhal est à fleur de peau, horizontale, au lieu que le roman de Dostoïevski touche au plus profond, c’est une aventure christique.”

(Gabriel Matzneff, Cette camisole de flammes, Janvier 1959)

Sir John Gielgud,

Raskolnikov dans une scène de Crime et Châtiment,

1946

BYRON à la comtesse de Blessington : mes habitudes sont peu propres à faire le bonheur d’une femme… J’aime la solitude


Byron confiera à la comtesse de Blessington :

“Je ne me dissimule pas que mes goûts et mes habitudes sont peu propres à faire le bonheur d’une femme, quelle qu’elle soit…

J’aime la solitude, elle est devenue pour moi un besoin, j’ai la manie de m’enfermer de longues heures; et encore avec celle que j’aime je suis distrait, maussade, sombre.”

“Byron accueillera avec un vif mécontentement la nouvelle de la grossesse d’Annabella : “Encore un instrument de torture qui me vient de vous !”

C’est, en plus dur, le mot du Bouddha, quand on lui annonce la naissance d’un fils : “Une chaîne m’est forgée”.

Nietzsche dira : Aut liberi, aut libri.

Et Cioran : “si j’avais des enfants, je les étranglerais sur l’heure”.

(Matzneff, La diététique de lord Byron, pages 112-113)

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La quadrature du cercle de l’amour byronien (et pas seulement byronien…)


Dans la diététique de Lord Byron, de Gabriel Matzneff:

“Byron se faisait aimer, par curiosité sensuelle, par plaisir de vérifier son pouvoir de séduction, mais il ne supportait pas qu’on l’aimât.

Il désirait que ses maîtresses fussent passionnées, fidèles, mais pas trop envahissantes - ce qui est la quadrature du cercle.

L’amour, très vite, l’encombrait. Aussi préférait-il détruire ce qu’il avait créé pour se retrouver seul, et libre.”

(folio, page 154)

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beau garçon et mauvais sujet


- Toutes les femmes en raffolent.

- Pourquoi ?

- Toujours pour la même raison : il est beau garçon et mauvais sujet.

(Agatha Christie, Le Train bleu)

cité par Gabriel Matzneff, Mes amours décomposés, page 338

GABRIEL MATZNEFF : Ce sont les journées de vingt-quatre heures, trop brèves pour un homme comme moi, qui m’acculent aux mensonges


“Avec la vie que je mène, je peine les êtres qui m’aiment, je leur mens, je leur fais faux bond, je les déçois, non par perversité ou méchanceté, mais parce que j’y suis contraint par la temporalité.

Ce sont les journées de vingt-quatre heures, trop brèves pour un homme comme moi, qui m’acculent aux mensonges, aux mauvais procédés, aux comportements cyniques, aux abandons.”

Gabriel Matzneff, Mes amours décomposés.
Folio page 162

GABRIEL MATZNEFF

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