Gabriel Matzneff, Julien Sorel et Raskolnikov


“Julien Sorel et Raskolnikov sont tous deux animés par le désir d’être “un second Napoléon”.

Mais l’histoire racontée par Stendhal est à fleur de peau, horizontale, au lieu que le roman de Dostoïevski touche au plus profond, c’est une aventure christique.”

(Gabriel Matzneff, Cette camisole de flammes, Janvier 1959)

Sir John Gielgud,

Raskolnikov dans une scène de Crime et Châtiment,

1946

L’échec métaphysique de la possession chez Stendhal, Proust et Dostoïevski : la métamorphose attendue ne s’est pas réalisée


bad times

by Ash, 20 ans

http://www.myspace.com/ash_ent

(merci à Sibylline pour la référence)



Lecture de René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque :

“Le sujet constate que la possession de l’objet n’a pas changé son être ; la métamorphose attendue ne s’est pas réalisée.
(…)
C’est l’objet soudainement désacralisé par la possession et réduit à ses propriétés objectives qui provoque la fameuse exclamation stendhalienne : “Ce n’est que cela !”

Le haussement d’épaules de Julien reflète encore une insouciance qu’on ne retrouve plus dans la lourde désillusion proustienne.

Chez le héros dostoïevskien, l’échec métaphysique cause un désarroi si profond qu’il peut mener jusqu’au suicide.”

(pages 106-107, ed. Pluriel)

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EURIDICE AXEN, le sous-sol, Dostoïevski, Proust et les illusions qu’on rectifie peu à peu


 

EURIDICE AXEN dans
LE SOUS-SOL d’après FEDOR DOSTOIEVSKY
adaptation et mise en scène Gabriele Lavia
avec Gabriele Lavia, Pietro Biondi, Euridice Axen
décors Carmelo Giammello costumes Andrea Viotti
musiques Andrea Nicolini éclairages Giovanni Santolamazza
Teatro di Roma

Chez Tadié :

“C’est l’insistance d’une conduite qui livre son intention” (Barthes), aussi analyse-t-on le retour d’actes semblables ;

mais on l’analyse en préservant les chances de l’imprévu, du bouleversement dans la connaissance d’un héros ;

c’est l’une des leçons de Dostoïevsky :

“C’est ainsi que Dostoïevsky présente ses personnages. Leurs actions nous apparaissent aussi trompeuses que ces effets d’Elstir où la mer a l’air d’être dans le ciel. Nous sommes tout étonnés après d’apprendre que cet homme sournois est au fond excellent, ou le contraire”.

Il faut partir des illusions, des croyances qu’on rectifie peu à peu, comme Dostoïevski raconterait une vie”.

(Jean-Yves Tadié, Proust et le roman, TEL, page 116)

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