BYRON à la comtesse de Blessington : mes habitudes sont peu propres à faire le bonheur d’une femme… J’aime la solitude


Byron confiera à la comtesse de Blessington :

“Je ne me dissimule pas que mes goûts et mes habitudes sont peu propres à faire le bonheur d’une femme, quelle qu’elle soit…

J’aime la solitude, elle est devenue pour moi un besoin, j’ai la manie de m’enfermer de longues heures; et encore avec celle que j’aime je suis distrait, maussade, sombre.”

“Byron accueillera avec un vif mécontentement la nouvelle de la grossesse d’Annabella : “Encore un instrument de torture qui me vient de vous !”

C’est, en plus dur, le mot du Bouddha, quand on lui annonce la naissance d’un fils : “Une chaîne m’est forgée”.

Nietzsche dira : Aut liberi, aut libri.

Et Cioran : “si j’avais des enfants, je les étranglerais sur l’heure”.

(Matzneff, La diététique de lord Byron, pages 112-113)

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La quadrature du cercle de l’amour byronien (et pas seulement byronien…)


Dans la diététique de Lord Byron, de Gabriel Matzneff:

“Byron se faisait aimer, par curiosité sensuelle, par plaisir de vérifier son pouvoir de séduction, mais il ne supportait pas qu’on l’aimât.

Il désirait que ses maîtresses fussent passionnées, fidèles, mais pas trop envahissantes - ce qui est la quadrature du cercle.

L’amour, très vite, l’encombrait. Aussi préférait-il détruire ce qu’il avait créé pour se retrouver seul, et libre.”

(folio, page 154)

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Gabriel Matzneff : mon unique étonnement est que Byron n’ait pas fait assassiner Annabella


Lecture de Matzneff, La diététique de lord Byron

Lorsqu’une femme se détourne de l’homme qu’elle aimait, s’emploie à le rendre odieux au monde, ne répond ni à ses lettres ni à ses livres (qui sont pleins d’elle), afin qu’il comprenne qu’elle ne l’aime plus, qu’elle l’a pour jamais rayé de son existence, qu’elle n’a plus besoin qu’il vive, peut-on s’étonner, ou s’indigner, de ce que ce mort-vivant (”There is a very life in our despair…”) se fasse vampire, c’est-à-dire ogre, veuille achever l’oeuvre de destruction, éprouve un mauvais plaisir à profaner tout ce qu’il y avait en lui de beau, et de pur ?
(…)
Pour moi, mon unique étonnement est que lord Byron n’ait pas fait assassiner Annabella. Un commando de tueurs, voilà ce qu’aurait mérité la traîtresse.
(…)
Annabella, fatiguée de jouer à la garde-malade au chevet du grand homme à moitié fou, a abandonné celui-ci, pour devenir l’infirmière du monde entier.
(…)
Byron était surpris du comportement de sa femme, et, dans le même moment, ne l’était pas tant que ça. Il savait, pour l’avoir souvent éprouvé et écrit, qu’une femme extrême dans le don de soi l’est aussi dans le rejet de l’autre. “…féminine veut dire furieuse, parce que chez la femme toutes les passions sont portées à l’extrême.” (Sardanapale)

Annabella

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