Le site Lefigaro.fr a gagné 7 millions d’euros en 2007 mais le quotidien papier a perdu 10,5 millions


“”Le quotidien Le Figaro affiche des pertes récurrentes de l’ordre de 10 millions d’euros par an depuis 2003, aucune activité industrielle ne peut supporter cela”,

 indique au Monde Francis Morel, directeur général du Groupe Figaro.

“Le modèle économique de la presse quotidienne ne fonctionne plus. La presse n’est plus un média dominant en matière publicitaire”.

Les autres branches du groupe - magazines (Le Figaro Magazine, Madame Figaro…) et sites Internet - sont rentables. Le site Lefigaro.fr a gagné 7 millions d’euros en 2007.”

Article de Pascale Santi dans Le Monde:

Le Monde.fr : “Le Figaro”, qui a perdu 10,5 millions en 2007, annonce un plan de départs de 60 à 80 personnes - Médias

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Micro revenus marketing - Table ronde Club Sénat


Dans le cadre du débat national sur le pouvoir d’achat, Club Sénat proposait mercredi 23 janvier d’explorer la piste des “micro revenus” issus du monde numérique.

Directeur de Blogbang, Julien Braun était invité, et me proposait de participer en tant qu’affilié du site.

Etaient présents, autour du sénateur Joël Bourdin, Vice-Président de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation:

François Bieber, Directeur de NetAffiliation, et un affilié.
Aymeric Chotard, Directeur 2xMoinsCher, et une affiliée.

Jérôme Bouteiller animait.

Brève présentation de chacun, puis Jérôme Bouteiller se préoccupe de la réalité économique et du cadre législatif des micro-vendeurs.

L’affiliée d’un site de e-commerce explique qu’elle cesserait de vendre le moindre produit s’il fallait passer par un enregistrement administratif (fiscal, charges sociales…).
Le faible gain mensuel (quelques dizaines d’euro) ne justifiant pas, à ses yeux, tant de tracas.

Concernant les revenus marketing, ils sont souvent épisodiques et faibles les premiers mois pour l’affilié, qui met du temps à prendre conscience qu’il lui faudrait, au-delà de la simple déclaration des revenus au fisc, passer à un enregistrement administratif en bonne et due forme: numéro Siret, déclaration auprès de l’URSSAF en tant que travailleur indépendant, etc.

Face à ce problème du statut légal des micro-vendeurs sur Internet, le sénateur Joël Bourdin estime en premier lieu, pensant au cas de la jeune affiliée présente, qu’il faut plutôt compter sur une tolérance administrative, que construire un nouveau cadre législatif.

Néanmoins tout le monde a conscience qu’il est difficile de fonctionner dans ce flou. Un intervenant dans la salle rappelle qu’une agence de pub ne peut théoriquement verser d’argent sans facture professionnelle fournie par l’affilié.

D’autres travaux seront nécessaires pour approfondir le sujet juridiquement.

Alors candidat, l’actuel Président de la République avait publié en 2007 une tribune sur la micro-activité numérique, “La France à l’ère numérique“. Je l’évoque en quelques mots en réponse à une question de Jérôme Bouteiller. J’ai retrouvé le texte, dont voici les lignes principales:

“Pour faire le pendant avec l’exonération de charges fiscales et sociales sur les heures supplémentaires, les revenus tirés d’une activité numérique personnelle seront exonérés de charges sociales et fiscales dans une limite à définir.

Au-delà, un statut simplifié de micro-entreprise numérique permettra à ces activités de croître et de se développer.”

Ces promesses électorales étaient justifiées par le marché de l’emploi :

“Avec un potentiel d’au moins un demi-point de croissance supplémentaire, l’économie numérique est l’un des moyens que je veux utiliser pour vaincre le chômage. C’est une économie de talents, la France en est très largement dotée, elle ne sait simplement ni les utiliser, ni les retenir. Elle les bride. Je veux les libérer.”

Et le candidat Nicolas Sarkozy d’ajouter :

“Il n’y a pas d’économie sans travail. Mes engagements pour vaincre le chômage et réhabiliter le travail sont au cœur des besoins de l’économie numérique. Elle gagnera en compétitivité grâce à l’exonération des heures supplémentaires de charges sociales et fiscales, au contrat de travail unique, à la réforme de l’imposition qui pèse sur le travail et les entreprises.

Mais le numérique, ce sont aussi des emplois plus qualifiés, mieux payés. Je veux que l’accès y soit facilité. Pour cela je réformerai les nomenclatures des formations et des métiers pour qu’elles correspondent mieux aux réalités des professions de l’internet et du numérique et prennent en compte les multiples spécialités qu’elles recouvrent, et je ferai du doublement du nombre de télétravailleurs un objectif prioritaire tant celui-ci représente une opportunité d’amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail.

Internet est une chance pour réhabiliter l’effort, le goût du risque, et augmenter le pouvoir d’achat. Sur internet, chacun peut créer son activité et en vivre. Nous le voyons tous les jours. Au lieu de l’étouffer, je ferai en sorte que l’Etat facilite, incite et soutienne ce foisonnement de micro-initiatives.”

Plus beaucoup de nouvelles depuis.

Comme je l’interrogeais il y a quelques semaines, un responsable numérique proche du Président avouait qu’il fallait bien réfléchir aux implications fiscales, administratives, législatives, sans précipitation…

Work in progress
donc. Ce sera sans doute au programme du futur “Secrétaire d’Etat à l’Internet“, que certains attendaient en janvier, qui viendra peut-être après les municipales.

Dans les faits, la notion de “micro-revenus numériques” regroupe des situations assez disparates, bien représentées par le tour de table de Club Sénat.

Quatre grandes catégories d’acteurs impliqués:

- ceux pour qui les micro-revenus sont vraiment micro…scopiques. L’étudiant qui gagne 10, 20, ou 30 euro chaque mois. (Et beaucoup d’acteurs s’investissant peu gagnent encore moins: quelques euros ou …quelques centimes).

- ceux qui, s’investissant davantage, parviennent à dégager un gain appréciable de pouvoir d’achat: quelques centaines d’euro.
On entre ici dans le cadre qui intéresse les pouvoirs publics, préoccupés de l’amélioration du pouvoir d’achat.
Pour ces situations intermédiaires se pose le problème du statut légal approprié, notamment sur la question des charges patronales.

- ceux pour qui cette activité complémentaire réussie est vécue comme une étape vers une activité à temps plein dans le domaine. Ils sortent alors progressivement du micro-revenu supplémentaire, pour devenir des micro-entrepreneurs générant un gain principal.

- enfin, ceux qui développent des services de micro-revenus numériques, et peuvent être, au départ, de grands groupes, ou sont des start-up.
Ainsi Aymeric Chotard, Directeur 2xMoinsCher, explique avoir commencé son entreprise avec des copains dans une chambre de bonne.
Tandis que pour Blogbang il y a, dès la naissance du projet, l’investissement d’un grand groupe: Publicis.

Naturellement on peut passer d’une catégorie à l’autre au fil du temps.

Le directeur de NetAffiliation évoque l’histoire heureuse d’un boucher passionné d’Internet, passant progressivement du micro-revenu à une activité à temps plein. Aujourd’hui, il n’est plus boucher, et gagne confortablement sa vie sur Internet.

Je rebondis sur son exemple, et rappelle le thème à la mode pendant la campagne présidentielle, des deux côtés de l’échiquier politique : “Faire émerger une France d’entrepreneurs“.

Mais créer une entreprise reste un acte lourd.

De fait, beaucoup d’entrepreneurs du Net sont issus d’HEC ou d’autres écoles de commerce. Ainsi Loic Le Meur, qui se fait volontiers l’évangéliste des débouchés importants que représente la création d’entreprise sur le Net.

Loic a trouvé sur Internet un débouché, mais il est au départ formé à l’entrepreneuriat.

Pour qui n’a pas suivi au départ une telle formation, le passage à la création d’entreprise est difficile. Commencer par une activité générant des micro-revenus est une bonne occasion de tester le terrain, se former au contact avec des “clients”, évaluer l’offre et la demande, prendre conscience de la concurrence, sans prise de risque ni investissement préalable, sinon un peu de temps chaque jour.

Les gains devenant au fil du temps plus importants permettent de dégager davantage d’heures de travail pour cette activité, dans un cercle vertueux.
La valorisation visible de cette activité permet également de convaincre des partenaires.

Outre l’amélioration du pouvoir d’achat et la création d’emplois, la micro-activité numérique a ceci de prometteur, de permettre une réconciliation de la passion individuelle et de l’emploi.

Autrefois, avoir un hobby était une activité coûteuse. Avec Internet, il est possible de monétiser une passion, un domaine d’expertise personnel.

Une passionnée de cuisine ouvre un blog, se fait plaisir, et gagne peu à peu du pouvoir d’achat en vendant de l’espace marketing, car elle aura su séduire de nombreux consommateurs, devenus lecteurs de son blog.

Difficile de dire combien d’Internautes en France pourraient générer quelques euro, quelques centaines d’euro, quelques milliers d’euro…

Pour un blog, il faut plusieurs centaines de milliers de visiteurs uniques mensuels, pour espérer un gain substanciel de pouvoir d’achat (quelques centaines d’euro).

Pour en vivre à temps plein, il faut environ un million de visiteurs chaque mois.

On ne peut donc vendre cet objectif comme un rêve accessible à tout le monde.

Malgré tout, j’ai le sentiment qu’on est au tout début des blogs, qualitativement parlant, à défaut de numériquement.

Les millions de blogs d’ados se déplaceront sur Facebook et autres réseaux sociaux.

Mais parallèlement, des blogs davantage professionnalisés vont apparaître, ils généreront du revenu pour leurs auteurs.

Monétiser sa passion personnelle en créant un blog permet de “gagner plus, en travaillant plus“, avec une notion du travail différente, beaucoup plus stimulante qu’un travail d’employé.

Enfin, l’aspect intéressant de l’économie numérique, est la possibilité de choisir son lieu de travail.
Le développement de l’activité numérique rejoint les objectifs environnementaux : limiter les déplacements quotidiens, déconcentrer les villes.

Ces potentialités restent soumises à l’implication des annonceurs.

Julien Braun explique qu’à la différence des régies travaillant avec un petit nombre de diffuseurs de masse, Blogbang s’inscrit dans une démarche “longue traîne“, pariant sur l’audience cumulée de milliers de petits blogs.

Dans un premier temps, les annonceurs sont en phase de test de ce nouvel outil de diffusion. Les budgets des campagnes sont encore limités, et inévitablement fragmentés entre tous les micro-diffuseurs.

Au-delà des questions d’argent, Julien évoque la vocation de Blogbang, de devenir une communauté, et non simplement une régie pub. Le sujet déborde du cadre des “micro-revenus”. Lucie Piriou, “Community Manager @ BlogBang”, aura l’occasion d’en reparler.

Axel Karakartal, Page2007

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RUPTURE INTERNET : Moyen-Orient et Asie en partie coupés du monde - Quand on prive plusieurs pays d’internet, c’est qu’on prépare quelque chose…


“Etre connecté au monde, c’est notre ligne de vie” - Raman Roy, PDG de Quatrro

La rupture de deux cables sous-marins perturbe fortement les liaisons Internet entre l’Occident et une partie du Moyen-Orient et de l’Asie.

20% du secteur informatique en Inde est coupé du monde.

Le ministère égyptien des Télécommunications a appelé les internautes à s’abstenir de télécharger des films et de la musique pour donner la priorité aux entreprises…

En Inde, ce sont les entreprises travaillant en temps réel avec l’Europe et les Etats-Unis (notamment les centres d’appels, de traitements et d’analyses, délocalisés) qui doivent se rabattre sur de coûteuses connexions satellitaires…

Les réparations pourraient prendre quinze jours.

…Et sur le site Agoravox, les passionnés de complots ont déjà leur idée, avant même de connaître les raisons de la coupure:

“Quand on prive plusieurs pays d’internet, c’est qu’on prépare quelque chose…”

Nouveau bel usage du “on“, main invisible qui permet à chacun d’entendre ce qu’il veut…
Acte terroriste, opération de la CIA, préparation d’une guerre en Iran…

Pendant que les techniciens travaillent aux réparations, en France on joue à se faire peur.

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LEPOST.FR est la première expérience issue de la presse classique à tenter de faire exploser cette vision étriquée des sites de presse


Polémique au sujet du site LePost.fr, que certains jugent indigne du groupe LeMonde.fr

Depuis sa naissance, le concept a surpris, tant il différait de l’image de marque “Le Monde“.

Sur 01net, Philippe Crouzillacq écrivait le 11 septembre:

“Il ne faut jamais dire « fontaine je ne boirai pas de ton eau ». Et il est à tout le moins plutôt risqué de l’écrire. Le 13 juillet 2007, dans un éditorial titré « Indépendance », le directeur du journal Le Monde fustigeait ce qu’il appelait « les pseudo-médias alimentés par de pseudo-journalistes qui se soustraient aux règles élémentaires du métier »
(…) et les « sites Internet prétendant, en mauvais alchimistes, changer la rumeur en information au nom d’un journalisme dit citoyen ou participatif ».

Aujourd’hui, Le Monde change et lance LePost.fr, une plate-forme de contenus s’appuyant sur… le journalisme participatif.”

Cinq mois après son lancement, Jean-Michel Dumay président de la société des rédacteurs du Monde, se pose toujours la question:

Nous souhaitons débattre (pour savoir) si ce site avait sa place dans un groupe avec des journaux de qualité. […] Ce n’est pas mon univers, je m’interroge.

A l’inverse, belle défense du concept “LePost”, par “tardif”, dont l’analyse est pertinente:

Le 31 janvier 2008, tardif a dit (chez embruns):

“Avez-vous déjà compté le nombre de liens sortants depuis les sites de journaux comme Le Monde, Libération ou Le Figaro ? Il n’y en a pas. Tous ces sites sont des cul-de-sac du web !

Dans les sites de presse classique, il n’y a que le Nouvel Obs qui joue le jeu de proposer une sélection de liens externes pour compléter l’info d’un article.

Tous les autres sites sont refermés sur eux-mêmes et considèrent leur lecteurs comme une sorte de captif, que l’on doit empêcher de partir, retenir prisonnier.

A mon avis, c’est un symptôme très clair de la grande difficulté des journalistes venant du papier à comprendre la logique du net comme un réseau de liens, dont chaque point n’est qu’un noeud, une bifurcation vers ailleurs.

Ils raisonnent en “captage d’attention” du lecteur selon les mêmes techniques professionnelles que sur le papier. Ils ne voient leur site qu’à travers sa Une, comme un journal, alors que leurs statistiques de consultation leurs indiquent pourtant bien que ce n’est pas le chemin d’accès principal (la moitié de leur trafic vient de Google et va directement au coeur du site, le reste se repartit entre l’accès direct à la une, les flux RSS et les liens entrant).

lepost.fr est la première expérience issue de la presse classique a tenter de faire exploser cette vision étriquée des sites de presse.
Alors en effet, ça devient une sorte d’auberge espagnole (…)

C’est un très gros effort intellectuel pour un journaliste venant du papier de comprendre ce fonctionnement radicalement différent de ce qu’il connaît et de ce qu’il maîtrise. Du coup Dumay ne voit dans le post que la menace de dérive (qui existe effectivement et que l’on rencontre partout ailleurs sur les blogs d’ailleurs), le risque de ne pas tout contrôler et valider en amont, mais il ne voit pas que si les sites de presse ne parviennent pas à attirer ces internautes zappeurs et papillonnants, leur audience ne décollera jamais, ils resteront des niches, animés de temps en temps par un coup de buzz, mais ils ne seront jamais rentables…

On peut discuter autant qu’on veut du succès ou pas du post.fr (c’est d’ailleurs une expérimentation, en version béta), mais la critique de Dumay passe à côté de l’enjeu à mon avis…”

Défense du Post également par Emmanuel Parody, sur Ecosphère:

“je suis très partagé sur la question. Je respecte et comprends la volonté de conserver une stratégie cohérente en matière de production éditoriale, d’un autre côté j’apprécie LePost.fr et sa nature expérimentale, qu’on rencontre trop rarement dans les groupes de presse institutionnalisés.”

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Bonnes intentions


Margaret Thatcher dans The Spectator:

“Personne ne se souviendrait du bon Samaritain s’il n’avait eu que de bonnes intentions.

Il avait aussi de l’argent.”


Rembrandt






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