VIDEO WAGNER Parsifal de Hans Jürgen Syberberg


Tous les décors sont constitués à partir d’une gigantesque reproduction du masque mortuaire de Wagner,
« 40 tonnes de béton », divisé en plusieurs parties qui peuvent coulisser pour s’ouvrir ou se refermer.

Tout se passe donc « dans la tête » de Wagner.

Notes sur le Parsifal de Hans Jürgen Syberberg

Denis Lévy

Film de 1982, donc postérieur à la Tétralogie de Boulez-Chéreau-Regnault.

Il s’agit bien d’un film, et non d’une représentation filmée de l’opéra.

Tous les rôles sauf deux sont joués en playback.

Tous les décors sont constitués à partir d’une gigantesque reproduction du masque mortuaire de Wagner, « 40 tonnes de béton », divisé en plusieurs parties qui peuvent coulisser pour s’ouvrir ou se refermer. Tout se passe donc « dans la tête » de Wagner.

Film complexe et foisonnant

À peu près au milieu de l’opéra, dans l’acte II, au cours de la scène de séduction de Parsifal par Kundry, l’acteur qui joue Parsifal est remplacé par une actrice.

Cette substitution a pour effet de mettre en évidence le playback, la séparation / collure de la voix et du corps.

Syberberg fait remarquer que si son Parsifal1 évoque la figure du jeune Jean Baptiste dans la peinture classique, Parsifal2 évoque une figure de Christ de la peinture flamande (pas tout de suite identifiable comme femme). (la suite)

“Alors Swann la détestait.

“Mais aussi, je suis trop bête, se disait-il, je paie avec mon argent le plaisir des autres.

Elle fera tout de même bien de faire attention et de ne pas trop tirer sur la corde, car je pourrais bien ne plus rien donner du tout.

En tous cas, renonçons provisoirement aux gentillesses supplémentaires!

Penser que pas plus tard qu’hier, comme elle disait avoir envie d’assister à la saison de Bayreuth, j’ai eu la bêtise de lui proposer de louer un des jolis châteaux du roi de Bavière pour nous deux dans les environs.

Et d’ailleurs elle n’a pas paru plus ravie que cela, elle n’a encore dit ni oui ni non; espérons qu’elle refusera, grand Dieu!

Entendre du Wagner pendant quinze jours avec elle qui s’en soucie comme un poisson d’une pomme, ce serait gai!”"

Un amour de Swann, Marcel Proust

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EMPEREUR HADRIEN : Rien ne va plus


Dans la série Rien ne va plus, après Saint-Simon et Castiglione : l’empereur Hadrien, par Marguerite Yourcenar :

“…je finissais par trouver naturel, sinon juste, que nous dussions périr.

Nos lettres s’épuisent ; nos arts s’endorment ;

Pancratès n’est pas Homère ; Arrien n’est pas Xénophon ;

quand j’ai essayé d’immortaliser dans la pierre la forme d’Antinoüs, je n’ai pas trouvé de Praxitèle.

Nos sciences piétinent depuis Aristote et Archimède ;

nos progrès techniques ne résisteraient pas à l’usure d’une longue guerre ;

nos voluptueux eux-mêmes se dégoûtent du bonheur.”

(Mémoires d’Hadrien, Folio page 262-263)

Voir aussi :

Décadence

CASTIGLIONE : si le monde allait toujours en empirant et que les pères fussent en général toujours meilleurs que les enfants, il y a longtemps que nous fussions arrivés au dernier degré du mal

DUC DE SAINT-SIMON - Lettre anonyme au Roi : Rien ne va plus

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LE GRAND ART


Le grand art est un composé d’impudeur et de litote.

Montherlant, TOUS FEUX ETEINTS (page 93, année 1967)

Voir aussi :

» EQUIVALENCE-ALTERNANCE - MONTHERLANT ET L’HERMES QUADRIFRONS » Blog Page 2007

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VIDEO Quelques oeuvres d’art présentes dans la Recherche du Temps Perdu de Marcel Proust


Jean-Yves Tadié parlait de l’humble foule des figurants qui peuplent la Recherche du Temps Perdu. D’autres figures prennent une part importante dans le roman.  Le petit pan de mur jaune, de la vue de Delft, de Vermeer, qu’est allé voir Bergotte avant de mourir… L’envie et la jalousie, de Giotto… d’autres encore, à découvrir dans ce montage  musical. Vous trouverez sur le site YouTube les descriptifs des oeuvres (en anglais). Voilà qui nous change un peu des batailles électorales.

YouTube - Fine Art Works Mentioned In Proust’s ‘Swann’s Way’

Extrait de la Prisonnière, la mort de Bergotte :

Il mourut dans les circonstances suivantes.

Une crise d’urémie assez légère était cause qu’on lui avait prescrit le repos.

Mais un critique ayant écrit que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise),  tableau qu’il adorait et croyait connaître très bien,  un petit pan de mur jaune (qu’il ne se rappelait pas) était si bien peint,  qu’il était,  si on le regardait seul,  comme une précieuse œuvre d’art chinoise,  d’une beauté qui se suffirait à elle-même. Bergotte mangea quelques pommes de terre,  sortit et entra à l’exposition.

Dès les premières marches qu’il eut à gravir,  il fut pris d’étourdissements.

Il passa devant plusieurs tableaux et eut l’impression de la sécheresse et de l’inutilité d’un art si factice,  et qui ne valait pas les courants d’air et de soleil d’un palazzo de Venise,  ou d’une simple maison au bord de la mer.

Enfin il fut devant le Ver Meer qu’il se rappelait plus éclatant,  plus différent de tout ce qu’il connaissait,  mais où,  grâce à l’article du critique,  il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu,  que le sable était rose,  et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune.

Ses étourdissements augmentaient;  il attachait son regard,  comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir,  au précieux petit pan de mur.

“C’est ainsi que j’aurais dû écrire,  disait-il. Mes derniers livres sont trop secs,  il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur,  rendre ma phrase en elle-même précieuse,  comme ce petit pan de mur jaune.”

Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas. Dans une céleste balance lui apparaissait,  chargeant l’un des plateaux,  sa propre vie,  tandis que l’autre contenait le petit pan de mur si bien peint en jaune. Il sentait qu’il avait imprudemment donné le premier pour le second.

“Je ne voudrais pourtant pas,  se disait-il,  être pour les journaux du soir le fait divers de cette exposition. “

Il se répétait: “Petit pan de mur jaune avec un auvent,  petit pan de mur jaune.”

Cependant il s’abattit sur un canapé circulaire;  aussi brusquement il cessa de penser que sa vie était en jeu et,  revenant à l’optimisme,  se dit: “C’est une simple indigestion que m’ont donnée ces pommes de terre pas assez cuites,  ce n’est rien.” Un nouveau coup l’abattit,  il roula du canapé par terre où accoururent tous les visiteurs et gardiens.

Il était mort.

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