Saint-Simon et les passades du duc de Lauzun
Chez Saint-Simon, dans les Mémoires, la façon dont les choses les plus futiles (les vanités et les rangs, ce que Chateaubriand nommait dans la Vie de Rancé “le caquetage éternel de tabourets”), se mêlent à la présence du plus tragique, qui survient d’un coup, entre deux ragots sur la Cour.
Il faudrait recenser toutes les morts qui parsèment les milliers de pages des Mémoires, la façon dont elles surviennent.
Pour le duc de Lauzun, Saint-Simon raconte qu’à plus de 90 ans il dressait encore des chevaux, “et il fit cent passades au bois de Boulogne, devant le Roi, qui allait à La Muette, sur un poulain qu’il venait de dresser…”
et alors arrive la mort :
“Sa dernière maladie se déclara sans prélude, presque en un moment, par le plus horrible de tous les maux, un cancer dans la bouche.”
Saint-Simon passe d’un coup de la frivolité des passades au cancer dans la bouche.
Il y a quelque chose de l’Ecclésiaste, dans cette proximité des contraires.
C’est du duc de Lauzun que La Bruyère disait : “qu’il n’était pas permis de rêver comme il a vécu”.
Lauzun























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