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Pourquoi il faut voter Ségolène Royal, par un élève de Sciences po Paris



Ségolène Royal

Pourquoi il faut voter Ségolène Royal,
par Greg, élève de Sciences po Paris (document reçu par courriel) :

Bonjour à tous,

Dans moins de 5 semaines, les militants du Parti Socialiste désigneront celle ou celui qu’ils jugent digne de les mener à la victoire, pour enfin battre une droite arrogante et cynique et surtout empêcher Nicolas Sarkozy d’importer la doctrine et les méthodes néo-conservatrices.

Cette victoire devra être celle de toute la gauche : ses priorités seront de cimenter toutes les classes sociales qui constituent la Nation, de restaurer la République et l’autorité de l’Etat.

Le diagnostic de la situation française, chacun le connaît, le ressent au fond de lui :

Difficultés économiques, retour du chômage de masse, délocalisations, déclassement social des classes moyennes, difficultés d’accès au logement, les inégalités qui connaissent une croissance continue et entraînent les problèmes d’insertion que l’on connaît, et pas seulement dans les banlieues, croissance de l’analphabétisme en 6ème.

Mais il y a également les conséquences désastreuses des décisions prises par le gouvernement et la majorité UMP. Outre la multiplication des conflits sociaux, grèves dans les transports ou des manifestations contre le CPE, émeutes dans les banlieues, qui sont le symptôme d’un gouffre profond entre le pouvoir et les Français, il y a aussi les privatisations sauvages, celle d’EDF notamment, les restrictions sociales, la décentralisation sous financée, le mensonge fiscal par lequel les impôt ont en réalité augmenté pour la majorité des Français des clases moyennes, et ont quelque peu diminué avec les baisses d’IRPP pour les classes supérieures. On soulignera par ailleurs que le niveau de la dette n’a jamais autant augmenté que durant la courte période de Sarko à Bercy. Le rapport Pébereau a récemment chiffré cette dette à 2000 milliards d’euros.

Enfin, l’accroissement des problèmes de violences aux personnes, qui trahit l’inefficacité de la gesticulation médiatique sarkozyste, et le caractère inapproprié de la concentration des moyens sur la répression, car cela n’a qu’un effet de cristallisation des opposition sociales entre les jeunes de banlieues et les forces de police, dont les bavures connaissent également une augmentation continue depuis 2002. Arrêtons là ce diagnostic inquiétant, qui aura fait le délice des déclinologues patentés.

La droite, au pouvoir pendant 5 ans, s’est appliquée de façon systématique à casser le pacte républicain où le social et la nation marchent de pair : c’est l’Etat qui est garant de ce pacte.

Ce pacte doit s’appuyer sur :

1.    Un ordre juste :
L’ordre public est une composante fondamentale de la République et il serait socialement injuste autant que politiquement suicidaire, de laisser aux autres le monopole de la réflexion, de l’action et de la communication, sur ce sujet.

En ce domaine, la stratégie de Ségolène Royal consiste tout d’abord à ne pas opposer les Français les uns aux autres, comme l’a fait Nicolas Sarkozy lors de l’explosion urbaine de novembre dernier. Ségolène Royal propose d’agir certes avec fermeté, mais sans aller à l’encontre de nos valeurs.

Ainsi la mise sous tutelle des allocation familiales pour les familles où des délinquants auraient récidivé, mesure qui existe déjà, permet, au contraire de ce que veut la droite, de ne pas supprimer ces allocations, mais de faire suivre les familles par un référent, qui aidera les parents à restaurer leur autorité. Il nous semble également approprié de réinsérer certains jeunes au moyen d’actions d’utilité publique encadrée par les militaires de la République. Tout autant qu’il faut ouvrir aux jeunes des parcours clairs, rémunérés (pas comme ces stages), et des formations de qualités, dans les quartiers même.

2.    Une économie juste dans un cadre de travail mieux sécurisé
Ségolène Royal a développé une vision fondée sur un compromis entre réalisme économique, volontarisme social et modernité sociétale. L’affaiblissement n’est pas une fatalité.

Sur ce point, le diagnostic de Ségolène Royal est clair, il tient en deux mots : sous-investissement. Sous investissement technologique, sous investissement environnemental, sous investissement dans les secteurs productifs de l’Etat (éducation, santé, logement, recherche).

-    Un investissement massif dans la recherche technologique car c’est elle qui apportera les activités et les emplois de demain et qui repositionnera la France dans le peloton de tête des nations développées. D’ailleurs, à titre d’illustration, le Poitou-Charentes a effectué avec l’agence OSEO-ANVAR un partenariat privilégié.
-    Le retour des emplois jeunes, renommés emplois-tremplins ainsi que de nouvelles formations rémunérées pour les jeunes, et des « bourses tremplin ».
-    Sur l’emploi, Ségolène Royal propose, et expérimente largement avec succès, dans sa région, une action politique multiforme mettant en relation la demande et l’offre de travail ; il y a des pénuries de travail, sur l’efficacité du services public de l’emploi, il y a des marges de manœuvre du fait d’un moindre renouvellement des générations.
-    Face à la précarité dans le travail, Ségolène Royal propose la flexécurité, c’est-à-dire un compromis entre souplesse de l’emploi, et une sécurisation des parcours professionnels. Cette sécurisation, elle passe tout autant vers une réorientation de la formation professionnelle vers les chômeurs, et non vers ceux qui sont déjà les plus diplômes, que vers la création d’un service public unifié et simplifié de l’emploi.
-    le programme de Ségolène Royal est également tourné vers une promotion sans précédent des syndicats dans les entreprises afin que les salariés puissent participer aux décisions stratégiques de leurs entreprises. Pour elle, le syndicalisme est le levier majeur du rétablissement d’un équilibre dans le rapport de force patronat-salariat.

- En matière fiscale, le budget devra tailler dans les gaspillages, la fiscalité devra fixer des priorités socialement primordiales, et, permettre d’effectuer les financements nécessaires par des redéploiements adéquats. C’est ainsi qu’on peut atteindre l’optimum de la dépense publique sans augmenter les impôts d’un centime. C’est une conception dans la lignée de la gestion jospinienne, et tournée vers l’application rigoureuse de la LOLF LA LOLF en bref c’est une nouvelle constitution financière, une révolution des finances publiques :
- améliore le contrôle du Parlement sur les dépenses de l’administration en rendant plus lisible les comptes publics ;
- donne aux aux responsables de la dépense publique (les directeurs d’administration) plus de liberté dans l’organisation de la dépense sauf, et c’est important, en matière de dépenses de personnels, avec en contrepartie une incitation à se doter d’objectifs et à assurer le suivi des résultats au moyen d’une batterie d’indicateurs de performance.

3.    Une meilleure éducation donnant leur chance à tous les élèves,   en affectant des  moyens supplémentaires à l’école et aux université, afin d’investir dans le capital humain, dimension essentielle du potentiel de croissance et de développement d’un pays. Ségolène Royal propose :

-    D’améliorer l’articulation entre l’école et le collège avec notamment moins de professeurs en 6ème.
-    D’en finir avec cette tradition qui veut qu’on envoie les professeurs les moins expérimentés dans les lycées les plus difficiles
-    de détecter en amont, et être réactif aux difficultés des élèves les moins adaptés à l’apprentissage scolaire.
-    de restaurer la juste autorité des professeurs à l’école, c a d la responsabilité de ceux d’avant pour ceux d’après. C’est aussi vrai au sein de la famille qui devra reprendre une part active à l’éducation, notamment dans la prévention des problèmes de sécurité.

4.    Nous en venons maintenant au quatrième enjeu essentiel, la question environnementale, et notamment la préparation de l’après pétrole, qui constitue une spécificité saillante de Ségolène Royal.

-    Il est clair que la France doit rattraper son retard en matière environnementale, et se positionner à la pointe de ce combat, car le secteur des nouvelles technologies environnementales constituera très rapidement un facteur prépondérant de croissance.
-    Désenclaver la politique environnementale, cela veut dire, dans l’esprit des prescriptions de l’UE, en faire une question transversale, qui touche à tous les domaines, et que chaque loi, notamment d’aménagement du territoire, devra prendre en compte. Utilisation de matériels « éco-certifiés » (normes HQE), généralisation de combustibles propres pour tous les transports en communs et les véhicules des personnes publiques, promotion des chauffages propres. Un effort drastique doit être fait en matière de tri des déchets.
-    Il s’agit également et naturellement de favoriser par tous les moyens la mise en place d’énergies renouvelables de substitutions
-    Il s’agit enfin d’améliorer l’information et la pédagogie des citoyens afin qu’ils prennent en comptes les normes environnementales, à l’école, afin de favoriser le bon réflexe écologique.
On le voit, la démarche de SR est dans ce domaine, extrêmement ambitieuse et volontariste.

5.     Sur le plan international,

Ségolène a pris des positions fortes. En allant au Sénégal, elle a affirmé qu’il fallait drastiquement rénover la politique française. Sur l’Europe, je crois que Ségolène, en prenant Arnaud Montebourg comme porte parole, a entériné le choix du 29 mai. Il faudra donc relancer la construction européenne sur une base qui intègre les enseignements de ce scrutin, et notamment sortir cette partie III du traité constitutionnel où figuraient des dispositions qui, aux yeux des citoyens, n’ont pas de véritable valeur constitutionnelle.

6.    La démocratie participative consiste à associer des milliers de participants aux débats proposés, et au projet politique.
Ségolène Royal incarne ainsi, tant dans sa région que sur Internet et dans les médias traditionnels, une toute nouvelle façon de faire de la politique dans laquelle on n’a pas des idéologies qui viennent d’un haut éloigné du quotidien.

Le site internet de Désirs d’Avenir témoigne de la volonté des gens de ne pas rester passifs, et de leur satisfaction à pouvoir s’exprimer, à ce qu’on leur donne la parole. Ségolène Royal incarne ainsi, autant dans sa région que sur Internet et dans les médias traditionnels, une toute nouvelle façon de faire de la politique dans laquelle on n’a pas des idéologies qui viennent d’un haut éloigné du quotidien, mais au contraire, la pensée du candidat se fait par l’association de milliers de participants aux débats proposés, et au projet politique. D’aucuns parleront de démocratie d’opinion, qualification aussi floue que négatrice des nouveaux moyens permettant le décloisonnement de l’information et permettant une pensée véritablement coopérative. En ceci, la candidature et la démarche de Ségolène royal, depuis 3 ans, constitue une véritable révolution politique, au sens propre, c’est-à-dire qui re-questionne les fondements du système politique, de ses habitudes acquises.

Et NON ! « L’opinion n’est PAS en désarroi », contrairement à ce que dit DSK ; elle est au contraire plus diversifiée, plus multiforme et plus exprimée que jamais. Je pense que c’est une opportunité à saisir, et non à rejeter, en gardant les anciens mécanisme pavloviens « d’experts » qui disent au gens ce qu’il faut penser, alors que c’est aux citoyens d’orienter l’action publique, et non une petite élite protégée par un plafond de verre.

Elle aborde les problèmes avec pragmatisme, et comme ses gestions précédentes l’ont prouvé, avec pragmatisme : en cela beaucoup de femmes notamment, se reconnaîtront.

Pour conclure, je rappellerai que Ségolène Royal a travaillé au cabinet de François Mitterrand, elle fut ministre de l’enseignement scolaire, de l’environnement, de la famille, et a mené plusieurs combats acharnés, notamment en faveur de l’insertion des handicapés, ou en ce qui concerne la naissance sous X (pour lequel elle a amélioré le système administratif), ou pour la pilule du lendemain à l’école. Elle a pu démontrer dans son action et dans son discours, qu’elle voulait mettre l’accent sur le suivi, l’évaluation et l’accompagnement dans l’application des lois. Car faire des lois, c’est facile, mais la mettre en exécution, et lui donner son sens concret c’est tout autre chose.

Ségolène Royal incarne le courage d’affronter les mutations sans renoncer à la liberté, à l’égalité, à la fraternité et à la solidarité.

  1. One Response to “Pourquoi il faut voter Ségolène Royal, par un élève de Sciences po Paris”

  2. By brdejo@free.fr on Oct 30, 2006

    Cette jeune habitante d’un quartier de Marseille réclame davantage de CRS dans les bus.
    Contredisant Dominique Strauss-Kahn.
    (Journal de France2, 20h, 30 octobre)

    je ne comprend pas hollande qui critique une polique repressive il devrai plutôt demande à la justice une reponse approprié?

    Par contre je m’etonne de ne pas voir SOS racisme defendre la pauvre jeune fille de Marseille ??

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