Ubi est, mors, victoria tua ?

La critique du langage, chez Paul Valéry, ne l'amène pas seulement à remettre en cause la métaphysique presque dans son ensemble.

Elle se poursuit au sujet d'une notion historique qui paraît indiscutable: la distinction entre la victoire et la défaite.

Dans les Cahiers, volume Histoire-Politique, Pléiade II page 1541:

"Guerre. Victoire et défaite sont beaucoup plus choses nominales que réelles,
conventionnelles - officielles - historiques, en un mot, que réelles.

Il suffit de regarder de près les choses - c'est-à-dire la distribution vraie des avantages positifs sur les vainqueurs et les vaincus individuels - puis, les conséquences à 5, 10 ans de distance.

L'acquisition ou la perte d'un territoire par la nation P, de quelle conséquence est-elle pour le Sieur X ? pour n% des sieurs X de la nation P ?

Tout le reste est historique - id est, imaginaire."

***

A ce que dit Valéry, il faut ajouter que le vainqueur, très souvent, suscite la méfiance, et fait naître des coalitions contre lui.

Le vaincu, à l'inverse, est aidé ; ou, tout au moins, il peut se reconstruire à l'abri des jalousies et des méfiances.

Ainsi l'Allemagne, redevenant une puissance économique importante, après son écrasement militaire en 45.

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