LE TEMPS RETROUVE - MARCEL PROUST

MARCEL PROUST, A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

VII - LE TEMPS RETROUVE

1 - TANSONVILLE:

1421 - Toute la journée, dans cette demeure de Tansonville

1422 - Une fois que j'avais quitté Gilberte assez tôt

1423 - Françoise qui avait déjà vu tout ce que M. de Charlus avait fait pour Jupien

1424 - Saint-Loup insistait pour que je restasse à Tansonville

1425 - Il est possible que Morel, étant excessivement noir, fut nécessaire à Saint-Loup

1426 - Un autre jour je revins à la charge et demandai encore à Gilberte si Albertine aimait les femmes

1427 - J'étais triste ce dernier soir en remontant dans ma chambre

1428 - Avant-hier tombe ici, pour m'emmener dîner chez lui, Verdurin

1429 - Vous ne pouvez pas comprendre cela, vous autres Occidentaux

1430 - Là-dessus, l'été suivant, ils revenaient, logeant toute une colonie d'artistes

1431 - Je m'arrêtai là, car je partais le lendemain

1432 - Je résolus de laisser provisoirement de côté les objections

1433 - Tout à l'autre extrémité de l'expérience

1434 - Dans l'éveil de l'amour, de la beauté, chez l'artiste

1435 - Ces idées tendant, les unes à diminuer, les autres à accroître mon regret de ne pas avoir de dons pour la littérature

2 - M. de Charlus pendant la guerre:

1436 - M. de Charlus pendant la guerre - Un des premiers soirs dès mon nouveau retour à Paris en 1916

1437 - Le Louvre, tous les musées étaient fermés

1438 - M. Bontemps ne voulait pas entendre parler de paix avant que l'Allemagne eût été réduite

1439 - Je dois du reste dire que la connaissance du mari d'Andrée

1440 - D'ailleurs les Verdurin, par le progrès fatal de l'esthétisme qui finit par se manger la queue

1441 - Les choses étaient tellement les mêmes, tout en paraissant différentes

1442 - Tous ces téléphonages de Mme Verdurin

1443 - Avant l'heure où les thés d'après-midi finissaient

1444 - Je songeais que je n'avais revu depuis bien longtemps

1445 - Elle ne dormait plus, ne mangeait plus, se faisait lire les communiqués

1446 - Quand Saint-Loup était entré dans ma chambre

1447 - Je crus comprendre que Robert avait trouvé aux armées des ressources

1448 - Je demandai à Saint-Loup si cette guerre avait confirmé ce que nous disions des guerres passées

1449 - Il faut dire pourtant que si la guerre n'avait pas modifié le caractère de Saint-Loup

1450 - Tout en me rappelant la visite de Saint-Loup j'avais marché

1451 - Morel qui était au bureau de la presse

1452 - Mais si M. de Charlus et Mme Verdurin ne se fréquentaient plus

1453 - Quant au changement qui avait affecté les plaisirs de M. de Charlus

1454 - Mais les coups qu'elles échangeaient étaient réglés par cette boxe

1455 - M. de Charlus allait plus loin que ne pas souhaiter passionnément la victoire de la France

1456 - Mais enfin, je ne peux que supposer ce que j'aurais fait si je n'avais pas été acteur

1457 - La guerre se prolongeait indéfiniment

1458 - C'est du reste une étrange chose ajouta M. de Charlus

1459 - M. de Charlus qui pouvait être si agréable devenait odieux

1460 - Que cette parenthèse sur Mme de Forcheville m'autorise

1461 - Après le raid de l'avant-veille, où le ciel avait été plus mouvementé que la terre

1462 - La nuit était aussi belle qu'en 1914, comme Paris était aussi menacé

1463 - Malheureusement, dès le lendemain, disons-le tout de suite, M. de Charlus

1464 - Mais il faut revenir en arrière. Je descends les boulevards à côté de M. de Charlus

1465 - Il faisait une nuit transparente et sans un souffle

1466 - Quelque chose pourtant me frappa qui n'était pas sa figure

1467 - Le baron en voulait même légèrement à Jupien

1468 - Je descendis et rentrai dans la petite antichambre où Maurice

1469 - Le patron, pour en revenir à la scène de l'hôtel

1470 - La mauvaise impression du baron fut d'ailleurs accrue

1471 - Comme il est simple, jamais on ne dirait un prince

1472 - Il paraît qu’il a un million à manger par jour

1473 - Dans une même salle de la maison de Jupien beaucoup d'hommes

1474 - Dès le début de l'alerte, j'avais quitté la maison de Jupien

1475 - Certains des habitués plus que de retrouver leur liberté morale

1476 - Tout en me rapprochant de ma demeure

1477 - Or, les aberrations sont comme des amours où la tare maladive

1478 - Enfin la berloque sonna comme j'arrivais à la maison

1479 - Mon départ de Paris se trouva retardé par une nouvelle qui par le chagrin

1480 - Robert m'avait souvent dit avec tristesse, bien avant la guerre

1481 - Il avait dû être bien beau en ces dernières heures

1482 - Saint-Loup causa, sinon par sa mort

3 - Matinée chez la princesse de Guermantes:

1483 - Matinée chez la princesse de Guermantes - La nouvelle maison de santé dans laquelle je me retirai

1484 - Ma longue absence de Paris n'avait pas empêché d'anciens amis

1485 - Maman allant justement à un petit thé chez Mme Sazerat

1486 - La duchesse de Létourville, qui n'allait pas à la matinée de la princesse de Guermantes

1487 - M. de Charlus demanda à s'asseoir sur un fauteuil pour se reposer pendant que Jupien

1488 - On m'a raconté qu'à cette époque-là

1489 - Je descendis de nouveau de voiture un peu avant d'arriver chez la princesse de Guermantes

1490 - Quant aux "joies de l'intelligence", pouvais-je ainsi appeler ces froides constatations

1491 - En roulant les tristes pensées que je disais il y a un instant j'étais entré dans la cour de l'hôtel de Guermantes

1492 - Et peut-être, si tout à l'heure je trouvais que Bergotte

1493 - Rien qu'un moment du passé? Beaucoup plus, peut-être

1494 - De sorte que ce que l'être par trois et quatre fois ressuscité en moi venait de goûter

1495 - Le livre intérieur de ces signes inconnus

1496 - Ainsi j'étais déjà arrivé à cette conclusion que nous ne sommes nullement libres devant l'œuvre d'art

1497 - Oui, en ce sens-là, en ce sens-là seulement

1498 - Bien plus, une chose que nous vîmes à une certaine époque

1499 - L'idée d'un art populaire comme d'un art patriotique

1500 - Une image offerte par la vie, nous apporte en réalité à ce moment-là des sensations multiples

1501 - Or si quand il s'agit du langage inexact de l'amour propre

1502 - Même dans les joies artistiques qu'on recherche

1503 - Comment la littérature de notations aurait-elle une valeur quelconque

1504 - Ce travail de l'artiste, de chercher à apercevoir sous de la matière

1505 - Il me fallait donc rendre leurs sens aux moindres signes qui m'entouraient (Guermantes, Albertine, Gilberte, Saint-Loup,

1506 - Quant aux vérités que l'intelligence - même des plus hauts esprits

1507 - Il n'est pas certain que pour créer une œuvre littéraire, l'imagination et la sensibilité

1508 - D'ailleurs, même quand elle ne fournit pas en nous la découvrant, la matière de notre œuvre

1509 - De ma vie passée, je compris encore que les moindres épisodes

1510 - Si je m'étais toujours tant intéressé aux rêves que l'on a pendant le sommeil

1511 - Je m'étais rendu compte que seule la perception grossière et erronée place tout dans l'objet

1512 - L'intelligence n'a point de peine alors à baser sur cette différence une théorie

1513 - Le prince d'Agrigente avait-il fini par épouser Mlle X.?

1514 - La jalousie est un bon recruteur qui, quand il y a un creux dans notre tableau, va nous chercher dans la rue la belle fil

1515 - A ce moment le maître d'hôtel vint me dire que le premier morceau étant terminé

1516 - Si M. d'Argencourt venait faire cet extraordinaire numéro

1517 - En d'autres êtres d'ailleurs, ces changements, ces véritables aliénations

1518 - Par tous ces côtés, une matinée comme celle où je me trouvais

1519 - Une jeune femme que j'avais connue autrefois, maintenant blanche et tassée en petite vieille maléfique

1520 - Presque aussitôt après quelqu'un parla de Bloch

1521 - En entendant la duchesse de Guermantes dire : Comment, si j'ai connu le maréchal?

1522 - Chez certains êtres le remplacement successif

1523 - Une jeune femme me dit: "Voulez-vous que nous allions dîner

1524 - Or, à tous ces idées, la cruelle découverte que je venais de faire relativement au Temps

1525 - Si certaines femmes avouaient leur vieillesse en se fardant

1526 - Chez d'autres invités dont le visage était intact, l'âge se marquait autrement

1527 - Et pourtant en complet contraste avec ceux-ci

1528 - A un visage, linéairement le même, il suffisait pour qu'il semblât autre

1529 - Il y avait des hommes que je savais parents d'autres

1530 - Les femmes tâchaient à rester en contact

1531 - Tous ces gens avaient mis tant de temps à revêtir leur déguisement

1532 - Chose curieuse, le phénomène de la vieillesse

1533 - Sans doute certaines femmes étaient encore très reconnaissables

1534 - Une grosse dame me dit un bonjour

1535 - D'ailleurs même chez les hommes qui n'avaient subi qu'un léger changement

1536 - On part de l'idée que les gens sont restés les mêmes et on les trouve vieux

1537 - L'aspect de Mme de Forcheville était si miraculeux

1538 - Bloch m'ayant demandé de le présenter au maître de maison

1539 - Certes, même ce changement extérieur dans les figures

1540 - Les personnes qui n'auraient pas dû, selon l'ancien code social

1541 - Dès que j'eus fini de parler au Prince de Guermantes, Bloch

1542 - L'amie de Bloch et de la duchesse de Guermantes

1543 - Des changements produits dans la société

1544 - La bonté, simple maturation qui a fini par sucrer des natures plus primitivement acides

1545 - Plus d'une des personnes que cette matinée réunissait

1546 - Et combien de fois ces personnes étaient revenues devant moi

1547 - Ce n'était pas que l'aspect de ces personnes

1548 - Une chose me frappa plus encore chez tous ces êtres

1549 - Sans doute la vie, en mettant à plusieurs reprises ces personnes sur mon chemin

1550 - Que devient la marquise d'Arpajon? demanda Mme de Cambremer

1551 - Mais si elle n'est pas morte

1552 - Une dame sortit, car elle avait d'autres matinées

1553 - Je m'étais assis à côté de Gilberte de Saint-Loup

1554 - Dans toute cette conversation, Gilberte m'avait parlé de Robert

1555 - Ainsi peut-être la vue d'Andrée rappelait à Gilberte le roman de jeunesse

1556 - Mais comment venez-vous dans des matinées si nombreuses?

1557 - La duchesse hésitait encore par peur d'une scène de M. de Guermantes

1558 - Il faut ajouter qu'une vive antipathie qu'avait depuis peu pour Gilberte la versatile duchesse

1559 - Or, pendant ce temps, avait lieu à l'autre bout de Paris un spectacle bien différent

1560 - La conversation que nous tenions Gilberte et moi fut interrompue par la voix de Rachel

1561 - C'était bien beau, dit-il à Rachel

1562 - Mais un des amis de Bloch étant arrivé en retard

1563 - Je me rendais compte que le temps qui passe n'amène pas forcément le progrès dans les arts

1564 - Il ne faut pas s'étonner que l'ancienne maîtresse de Saint-Loup débinât la Berma

1565 - On peut dire ce qu'on veut, c'est admirable, cela a de la ligne, du caractère

1566 - Je dis à Mme de Guermantes que j'avais rencontré M. de Charlus

1567 - Le passé s'était tellement transformé dans l'esprit de la duchesse

1568 - Si les jugements que la duchesse porta ensuite sur Rachel

1569 - A ce moment se produisit un incident inattendu. Un valet de pied vint dire à Rachel que la fille de la Berma

1570 - La vie de la duchesse ne laissait pas d'ailleurs d'être très malheureuse

1571 - Le vieux duc ne sortait plus, car il passait ses journées et ses soirées chez Odette

1572 - Ainsi, dans le faubourg St-Germain, ces positions en apparence imprenables du duc et de la duchesse de Guermantes

1573 - M. de Guermantes ne gardait ses foudres que pour la duchesse sur les libres fréquentations

1574 - Est-ce que vous ne croyez pas, dis-je à la duchesse

1575 - L'étonnement que me causèrent les paroles de Gilberte et le plaisir

1576 - Nous ne pourrions pas raconter nos rapports avec un être

1577 - Je vis Gilberte s'avancer. Moi, pour qui le mariage de Saint-Loup

1578 - Enfin cette idée de temps, avait un dernier prix pour moi, elle était un aiguillon

1579 - A force de coller les uns aux autres ces papiers que Françoise appelait mes paperoles

1580 - Une condition de mon œuvre telle que je l'avais conçue tout à l'heure dans la bibliothèque

1581 - Je n'avais plus mon indifférence des retours de Rivebelle

1582 - Si l'idée de la mort dans ce temps-là m'avait, ainsi, assombri l'amour

1583 - L'accident cérébral n'était même pas nécessaire. Des symptômes

1584 - Cette idée de la mort s'installa définitivement en moi comme fait un amour

1585 - Moi, c'était autre chose que les adieux d'un mourant à sa femme, que j'avais à écrire

1586 - En tous cas, si j'avais encore la force d'accomplir mon oeuvre

1587 - Je me disais aussi: Non seulement est-il encore temps

1588 - La date à laquelle j'entendais le bruit de la sonnette du jardin de Combray