ALBERTINE DISPARUE - The Sweet Cheat Gone - LE CHAGRIN ET L'OUBLI - Grief and Oblivion

1294 Le chagrin et l’oubli Mademoiselle Albertine est partie! Comme la souffrance va plus loin en psychologie

1295 Le plus pressé était de lire la lettre d’Albertine

1296 Tout cela ne signifie rien, me dis-je, c’est même meilleur que je ne pensais

1297 Ce malheur était le plus grand de toute ma vie

1298 En me promettant à moi-même qu’Albertine serait ici ce soir

1299 La souffrance, prolongement d’un choc moral imposé, aspire à changer de forme

1300 L’esprit dans lequel Albertine était partie

1301 Quant aux moyens de ramener Albertine

1302 On se souvient que quand je résolus de vivre avec Albertine et même de l’épouser

1303 Saint-Loup que je savais à Paris avait été mandé par moi

1304 Tu es sûr, me dit Robert, que je peux offrir comme cela à cette femme

1305 Quand il put y avoir un télégramme de Saint-Loup

1306 Bientôt, le silence de Saint-Loup se prolongeant, une anxiété

1307 Puisque Manon revenait à Des Grieux

1308 J’écrivis à Albertine

1309 Sans doute, de même que j’avais dit autrefois à Albertine : Je ne vous aime pas

1310 Le résultat de cette lettre me paraissant certain, je regrettai de l’avoir envoyée

1311 Le temps passe, et peu à peu tout ce qu’on disait par mensonge devient vrai

1312 J’ai dit que l’oubli commençait à faire son œuvre

1313 En faisant la chambre d’Albertine, Françoise, curieuse

1314 Du reste si, du matin au soir, je ne cessais de souffrir du départ d’Albertine

1315 Pourquoi eussé-je cru qu’Albertine n’aimait pas les femmes ?

1316 Mon ami, merci de toutes les bonnes choses

1317 La lettre d’Albertine n’avançait en rien les choses

1318 Et cependant, comme j’aurais menti maintenant si je lui avais écrit

1319 Je laissai toute fierté vis-à-vis d’Albertine, je lui envoyai un télégramme

1320 Pour que la mort d’Albertine

1321 Alors ma vie fut entièrement changée

1322 Je demandai l’heure à Françoise

1323 Que le jour est lent à mourir par ces soirs démesurés de l’été

1324 Bientôt les bruits de la rue allaient commencer

1325 Sans doute ces nuits si courtes durent peu

1326 De sorte que ces quelques années n’imposaient pas seulement au souvenir d’Albertine

1327 Comment m’avait-elle paru morte

1328 Si j’avais peine à penser qu’Albertine, si vivante en moi

1329 Les changements de l’atmosphère

1330 Tout d’un coup c’était un souvenir que je n’avais pas revu depuis bien longtemps

1331 Parfois je me heurtais dans les rues obscures du sommeil

1332 Sans doute, puisque j’avais des doutes sur la vie, sur la mort d’Albertine

1333 Ce qui remplissait mon cœur maintenant était, au lieu de haineux soupçons

1334 Cette chambre où nous dînions ne m’avait jamais paru jolie

1335 Un matin je crus voir la forme oblongue d’une colline

1336 D’ailleurs notre tort n’est pas de priser l’intelligence, la gentillesse d’une femme

1337 Tous ces instants si doux que rien ne me rendrait jamais

1338 Et, à vrai dire, je ne l’avais jamais possédé

1339 Comme elle accourait vite me voir, à Balbec

1340 Et pourtant ces douloureuses, ces inéluctables vérités

1341 Du moins j’étais heureux qu’avant de mourir elle m’eût écrit cette lettre

1342 Pourquoi ne m’avait-elle pas dit : J’ai ces goûts

1343 Mes curiosités jalouses de ce qu’avait pu faire Albertine

1344 Si elle avait pu savoir ce qui allait arriver, elle serait restée

1345 Je n’avais pas encore reçu de nouvelles d’Aimé

1346 Albertine avait beau n’exister dans ma mémoire

1347 Monsieur voudra bien me pardonner

1348 Pour comprendre à quelle profondeur ces mots entraient en moi

1349 Enfin je voyais devant moi, dans cette arrivée d’Albertine à la douche

1350 Sans doute c’est parce que dans cette arrivée silencieuse et délibérée d’Albertine

1351 Je me voyais perdu dans la vie comme sur une plage illimitée où j’étais seul

1352 Les instants que j’avais vécus auprès de cette Albertine-là

1353 Maintenant Albertine, lâchée de nouveau, avait repris son vol

1354 D’autres fois mon chagrin prenait tant de formes

1355 Il y a, dans certaines affections, des accidents secondaires que le malade

1356 Si encore ce retrait en moi des différents souvenirs d’Albertine

1357 D’ailleurs ces reprises de mon amour pour Albertine morte

1358 D’ailleurs un mot n’avait même pas besoin, comme Chaumont

1359 Toute la journée, je continuais à causer avec Albertine

1360 J’essayais parfois de prendre les journaux

1361 Sans doute, un fait comme celui des Buttes-Chaumont

1362 Pour la première fois elle me semblait belle

1363 Du vivant d’Albertine, je n’eusse pas osé demander à Andrée des confidences

1364 Les romanciers prétendent souvent, dans une introduction, qu’en voyageant dans un pays

1365 Associées maintenant au souvenir de mon amour, les particularités physiques

1366 Je ramenais avec moi les filles qui m’eussent le moins plu, je lissais des bandeaux à la vierge

1294 Mademoiselle Albertine has gone!

1295 The first thing to be done was to read Albertine’s letter

1296 All this means nothing

1297 This calamity was the greatest that I had experienced in my

1298 When I vowed to myself that Albertine would be back

1299 Suffering, the prolongation of a spiritual shock

1300 The spirit in which Albertine had left me

1301 As for the means of bringing Albertine back

1302 The reader may remember that when I decided to live with

1303 Knowing that Saint-Loup was in Paris I had sent for him

1304 You are sure,” Robert asked me

1305 When it was possible that a telegram might have come

1306 Presently, as Saint-Loup remained silent

1307 Since Manon returned to Des Grieux

1308 I wrote to Albertine

1309 No doubt, just as I had said in the past to Albertine

1310 As this letter seemed to me to be certain of its effect

1311 Time passes, and gradually everything that we have said

1312 I have said that oblivion was beginning to perform

1313 While she was doing Albertine’s room

1314 If, however, morning, noon and night

1315 Why should I have supposed that Albertine did not care for

1316 My dear, thank you for all the nice things

1317 Albertine’s letter did not help matters in any way

1318 And at the same time

1319 I forsook all pride with regard to Albertine

1320 For the death of Albertine

1321 So, then, my life was entirely altered

1322 I asked Françoise the time

1323 How slow the day is in dying on these interminable summer

1324 Presently the sounds from the streets would begin

1325 No doubt these nights that are so short continue

1326 With the result that these several years

1327 How could she have seemed dead to me

1328 If I had found it difficult to imagine that Albertine

1329 Atmospheric changes, provoking other changes

1330 All of a sudden it was an impression

1331 Sometimes I came in collision

1332 Of course, since I entertained doubts

1333 What filled my heart now was

1334 This room in which we used to dine

1335 One morning I thought that I could see

1336 Furthermore, our mistake is our failure to value

1337 All these so pleasant moments

1338 And, to tell the truth, when I had ever possessed it

1339 How she used to hasten to see me at Balbec

1340 And yet those painful, those ineluctable truths

1341 At any rate I was glad that, before she died

1342 Why had she not said to me: I have those tastes

1343 My jealous curiosity as to what Albertine

1344 If she could have known what was about to happen

1345 I had not yet received any news from Aimé

1346 Albertine might indeed exist in my memory

1347 Monsieur will kindly forgive me for not having written

1348 To understand how deeply these words penetrated my being

1349 At last I saw before my eyes, in that arrival of Albertine

1350 No doubt it was because in that silent

1351 I saw myself astray in life

1352 The moments which I had spent with this Albertine

1353 And now Albertine, liberated once more

1354 At other times my grief assumed so many forms

1355 There are in certain affections secondary accidents

1356 If, again, this withdrawal of my different impressions

1357 Moreover these revivals of my love for Albertine

1358 Moreover a word did not even need to be connected

1359 All day long, I continued to converse with Albertine

1360 I tried at times to take an interest in the newspapers

1361 No doubt an incident such as this of the Buttes-Chaumont

1362 For the first time she seemed to me beautiful

1363 While Albertine was alive

1364 Novelists sometimes pretend in an introduction

1365 Associated now with the memory of my love, Albertine’s

1366 I took home with me the girls who had appealed