ALBERTINE DISPARUE (LA FUGITIVE) - MARCEL PROUST

MARCEL PROUST, A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

VI - ALBERTINE DISPARUE (LA FUGITIVE)

CHAPITRE I - LE CHAGRIN ET L'OUBLI

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ENGLISH TRANSLATION : THE SWEET CHEAT GONE

SOMMAIRE BILINGUE : ALBERTINE DISPARUE - The Sweet Cheat Gone - LE CHAGRIN ET L'OUBLI - Grief and Oblivion

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1294 - Le chagrin et l’oubli - Mademoiselle Albertine est partie! Comme la souffrance va plus loin en psychologie

1295 - Le plus pressé était de lire la lettre d’Albertine

1296 - Tout cela ne signifie rien, me dis-je, c’est même meilleur que je ne pensais

1297 - Ce malheur était le plus grand de toute ma vie

1298 - En me promettant à moi-même qu’Albertine serait ici ce soir

1299 - La souffrance, prolongement d’un choc moral imposé, aspire à changer de forme

1300 - L’esprit dans lequel Albertine était partie

1301 - Quant aux moyens de ramener Albertine

1302 - On se souvient que quand je résolus de vivre avec Albertine et même de l’épouser

1303 - Saint-Loup que je savais à Paris avait été mandé par moi

1304 - Tu es sûr, me dit Robert, que je peux offrir comme cela à cette femme

1305 - Quand il put y avoir un télégramme de Saint-Loup

1306 - Bientôt, le silence de Saint-Loup se prolongeant, une anxiété

1307 - Puisque Manon revenait à Des Grieux

1308 - J’écrivis à Albertine

1309 - Sans doute, de même que j’avais dit autrefois à Albertine : Je ne vous aime pas

1310 - Le résultat de cette lettre me paraissant certain, je regrettai de l’avoir envoyée

1311 - Le temps passe, et peu à peu tout ce qu’on disait par mensonge devient vrai

1312 - J’ai dit que l’oubli commençait à faire son œuvre

1313 - En faisant la chambre d’Albertine, Françoise, curieuse

1314 - Du reste si, du matin au soir, je ne cessais de souffrir du départ d’Albertine

1315 - Pourquoi eussé-je cru qu’Albertine n’aimait pas les femmes ?

1316 - Mon ami, merci de toutes les bonnes choses

1317 - La lettre d’Albertine n’avançait en rien les choses

1318 - Et cependant, comme j’aurais menti maintenant si je lui avais écrit

1319 - Je laissai toute fierté vis-à-vis d’Albertine, je lui envoyai un télégramme

1320 - Pour que la mort d’Albertine

1321 - Alors ma vie fut entièrement changée

1322 - Je demandai l’heure à Françoise

1323 - Que le jour est lent à mourir par ces soirs démesurés de l’été

1324 - Bientôt les bruits de la rue allaient commencer

1325 - Sans doute ces nuits si courtes durent peu

1326 - De sorte que ces quelques années n’imposaient pas seulement au souvenir d’Albertine

1327 - Comment m’avait-elle paru morte

1328 - Si j’avais peine à penser qu’Albertine, si vivante en moi

1329 - Les changements de l’atmosphère

1330 - Tout d’un coup c’était un souvenir que je n’avais pas revu depuis bien longtemps

1331 - Parfois je me heurtais dans les rues obscures du sommeil

1332 - Sans doute, puisque j’avais des doutes sur la vie, sur la mort d’Albertine

1333 - Ce qui remplissait mon cœur maintenant était, au lieu de haineux soupçons

1334 - Cette chambre où nous dînions ne m’avait jamais paru jolie

1335 - Un matin je crus voir la forme oblongue d’une colline

1336 - D’ailleurs notre tort n’est pas de priser l’intelligence, la gentillesse d’une femme

1337 - Tous ces instants si doux que rien ne me rendrait jamais

1338 - Et, à vrai dire, je ne l’avais jamais possédé

1339 - Comme elle accourait vite me voir, à Balbec

1340 - Et pourtant ces douloureuses, ces inéluctables vérités

1341 - Du moins j’étais heureux qu’avant de mourir elle m’eût écrit cette lettre

1342 - Pourquoi ne m’avait-elle pas dit : J’ai ces goûts

1343 - Mes curiosités jalouses de ce qu’avait pu faire Albertine

1344 - Si elle avait pu savoir ce qui allait arriver, elle serait restée

1345 - Je n’avais pas encore reçu de nouvelles d’Aimé

1346 - Albertine avait beau n’exister dans ma mémoire

1347 - Monsieur voudra bien me pardonner

1348 - Pour comprendre à quelle profondeur ces mots entraient en moi

1349 - Enfin je voyais devant moi, dans cette arrivée d’Albertine à la douche

1350 - Sans doute c’est parce que dans cette arrivée silencieuse et délibérée d’Albertine

1351 - Je me voyais perdu dans la vie comme sur une plage illimitée où j’étais seul

1352 - Les instants que j’avais vécus auprès de cette Albertine-là

1353 - Maintenant Albertine, lâchée de nouveau, avait repris son vol

1354 - D’autres fois mon chagrin prenait tant de formes

1355 - Il y a, dans certaines affections, des accidents secondaires que le malade

1356 - Si encore ce retrait en moi des différents souvenirs d’Albertine

1357 - D’ailleurs ces reprises de mon amour pour Albertine morte

1358 - D’ailleurs un mot n’avait même pas besoin, comme Chaumont

1359 - Toute la journée, je continuais à causer avec Albertine

1360 - J’essayais parfois de prendre les journaux

1361 - Sans doute, un fait comme celui des Buttes-Chaumont

1362 - Pour la première fois elle me semblait belle

1363 - Du vivant d’Albertine, je n’eusse pas osé demander à Andrée des confidences

1364 - Les romanciers prétendent souvent, dans une introduction, qu’en voyageant dans un pays

1365 - Associées maintenant au souvenir de mon amour, les particularités physiques

1366 - Je ramenais avec moi les filles qui m’eussent le moins plu, je lissais des bandeaux à la vierge

CHAPITRE II - MADEMOISELLE DE FORCHEVILLE:

1367 - Mademoiselle de Forcheville - Ce n’était pas que je n’aimasse encore Albertine

1368 - La première de ces étapes commença au début de l’hiver

1369 - D’ailleurs, à Balbec, quand j’avais désiré connaître Albertine la première fois

1370 - Un peu plus loin je vis un groupe de trois jeunes filles un peu plus âgées, peut-être des jeunes femmes

1371 - Dès lors je ne pouvais plus croire à une homonymie

1372 - Un instant avant que Françoise m’apportât la dépêche

1373 - J’ouvris le Figaro. Quel ennui! Justement le premier article

1374 - Je voyais Bloch, M. de Guermantes, Legrandin, tirer

1375 - Après le déjeuner, quand j’allai chez Mme de Guermantes, ce fut moins pour Mlle d’Éporcheville

1376 - En entrant dans le salon, je vis la jeune fille blonde que j’avais crue

1377 - À toutes les raisons, tirées de la façon Guermantes de comprendre la vie mondaine

1378 - Cependant, quand Swann fut mort, il arriva que la décision de ne pas recevoir sa fille

1379 - Quant à Gilberte, toutes les personnes qui l’aimaient et avaient un peu d’amour-propre pour elle

1380 - Un mois après, la petite Swann, qui ne s’appelait pas encore Forcheville

1381 - Quant à Gilberte, elle fut d’autant plus heureuse de voir tomber la conversation

1382 - Justement je venais de remarquer dans le salon deux dessins d’Elstir

1383 - On apporta des cartes qu’un valet de pied venait de déposer

1384 - Sans doute, Gilberte n’allait pas toujours aussi loin

1385 - Malgré cela, dans son snobisme il y avait de l’intelligente curiosité de Swann

1386 - Elle aimait aussi parler du prince d’Agrigente et de M. de Bréauté

1387 - Quand M. de Guermantes eut terminé la lecture de mon article

1388 - Quant à Mlle de Forcheville

1389 - Et ce n’est pas seulement à l’égard de Swann que Gilberte

1390 - Par une autre réaction (bien que ce fût la distraction – le désir de Mlle d’Éporcheville

1391 - Peut-être alors la fatigue et la tristesse que je ressentais

1392 - Une autre personne chez qui l’œuvre de l’oubli en ce qui concernait Albertine

1393 - Le souvenir d’Albertine était devenu chez moi si fragmentaire

1394 - Comme certains bonheurs, il y a certains malheurs qui viennent trop tard

1395 - Il n’y a pas une idée qui ne porte en elle sa réfutation possible

1396 - Quand Andrée fut partie, l’heure du dîner était arrivée

1397 - Sans être précisément de ceux-là j’allais peut-être, maintenant qu’Albertine était morte

CHAPITRE III - SEJOUR A VENISE:

1398 - Séjour à Venise - Ma mère m’avait emmené passer quelques semaines à Venise

1399 - Et pour aller chercher maman qui avait quitté la fenêtre

1400 - Le soleil était encore haut dans le ciel quand j’allais retrouver ma mère

1401 - Alors M. de Villeparisis

1402 - Le prince, pour mettre le marquis à l’aise

1403 - Pourtant M. de Norpois avait à sa dévotion un très ancien journal français

1404 - Parfois, au crépuscule, en rentrant à l’hôtel je sentais que l’Albertine d’autrefois, invisible

1405 - J’aurais été incapable de ressusciter Albertine

1406 - Mais alors je songeai: je tenais à Albertine plus qu’à moi-même

1407 - Le lendemain je partais à la recherche de ma belle place nocturne

1408 - La veille de notre départ, nous voulûmes pousser jusqu’à Padoue où se trouvaient ces Vices et ces Vertus

1409 - Quand j’appris, le jour même où nous allions rentrer à Paris, que Mme Putbus, et par conséquent sa femme de chambre

CHAPITRE IV - NOUVEL ASPECT DE ROBERT DE SAINT-LOUP

1410 - Nouvel aspect de Robert de Saint-Loup - Oh! c’est inouï, me dit ma mère

1411 - Le train entrait en gare de Paris

1412 - Ce que je devais apprendre par la suite

1413 - D’autres amies de ma mère, qui avaient vu Saint-Loup

1414 - Les gens du monde qui n’avaient fait aucune attention à Gilberte

1415 - Ces deux mariages dont nous parlions déjà avec ma mère

1416 - La personne qui profita le moins de ces deux unions fut la jeune Mademoiselle d’Oloron

1417 - Je compris qu’une séparation avait failli se produire entre Robert et sa femme

1418 - Ce n’était pas seulement la méchanceté, la rancune de l’ancien pauvre contre le maître

1419 - Je n’aurais d’ailleurs pas à m’arrêter sur ce séjour que je fis du côté de Combray

1420 - Ce qu’il y avait eu de réel sous l’apparence d’alors