0950 - Me contentant de ce qui était un commencement de rétractation

Me contentant de ce qui était un commencement de rétractation, puisque, si elle n’admirait pas encore les Poussin, elle s’ajournait pour une seconde délibération, pour ne pas la laisser plus longtemps à la torture je dis à sa belle-mère combien on m’avait parlé des fleurs admirables de Féterne. Modestement elle parla du petit jardin de curé qu’elle avait derrière et où le matin, en poussant une porte, elle allait en robe de chambre donner à manger à ses paons, chercher les oeufs pondus, et cueillir des zinnias ou des roses qui, sur le chemin de table, faisant aux oeufs à la crème ou aux fritures une bordure de fleurs, lui rappelaient ses allées. «C’est vrai que nous avons beaucoup de roses, me dit-elle, notre roseraie est presque un peu trop près de la maison d’habitation, il y a des jours où cela me fait mal à la tête. C’est plus agréable de la terrasse de la Raspelière où le vent apporte l’odeur des roses, mais déjà moins entêtante.» Je me tournai vers la belle-fille: «C’est tout à fait Pelléas, lui dis-je, pour contenter son goût de modernisme, cette odeur de roses montant jusqu’aux terrasses. Elle est si forte, dans la partition, que, comme j’ai le hay-fever et la rose-fever, elle me faisait éternuer chaque fois que j’entendais cette scène.»