Une page de Proust au hasard:
0880 - Swann me quitta sans me serrer la main pour ne pas être obligé de faire des adieux
Aussi, ne cherchant plus qu’à me donner, vis-à-vis de Gilberte, l’air d’avoir désiré de tout mon coeur la retrouver et d’en avoir été empêché par des circonstances dites «indépendantes de ma volonté» et qui ne se produisent en effet, au moins avec une certaine suite, que quand la volonté ne les contrecarre pas, bien loin d’accueillir avec réserve l’invitation de Swann, je ne le quittai pas qu’il ne m’eût promis d’expliquer en détail à sa fille les contretemps qui m’avaient privé, et me priveraient encore, d’aller la voir. «Du reste, je vais lui écrire tout à l’heure en rentrant, ajoutai-je. Mais dites-lui bien que c’est une lettre de menaces, car, dans un mois ou deux, je serai tout à fait libre, et alors qu’elle tremble, car je serai chez vous aussi souvent même qu’autrefois.»

