Une page de Proust au hasard:
0497 - Quand j’avais fini de dormir, attiré par le ciel ensoleillé
—J’espère que vous ne m’en voulez pas de vous avoir dérangé; j’ai quelque chose qui me tourmente, vous avez dû le deviner.
—Mais non, j’ai pensé simplement que vous aviez envie de me voir et j’ai trouvé ça très gentil. J’étais enchanté que vous m’ayez fait demander. Mais quoi? ça ne va pas, alors? qu’est-ce qu’il y a pour votre service?
Il écoutait mes explications, me répondait avec précision; mais avant même qu’il eût parlé, il m’avait fait semblable à lui; à côté des occupations importantes qui le faisaient si pressé, si alerte, si content, les ennuis qui m’empêchaient tout à l’heure de rester un instant sans souffrir me semblaient, comme à lui, négligeables; j’étais comme un homme qui, ne pouvant ouvrir les yeux depuis plusieurs jours, fait appeler un médecin lequel avec adresse et douceur lui écarte la paupière, lui enlève et lui montre un grain de sable; le malade est guéri et rassuré. Tous mes tracas se résolvaient en un télégramme que Saint–Loup se chargeait de faire partir. La vie me semblait si différente, si belle, j’étais inondé d’un tel trop-plein de force que je voulais agir.
—Que faites-vous maintenant? disais-je à Saint–Loup.
—Je vais vous quitter, car on part en marche dans trois quarts d’heure et on a besoin de moi.
—Alors ça vous a beaucoup gêné de venir?
—Non, ça ne m’a pas gêné, le capitaine a été très gentil, il a dit que du moment que c’était pour vous il fallait que je vienne, mais enfin je ne veux pas avoir l’air d’abuser.
—Mais si je me levais vite et si j’allais de mon côté à l’endroit où vous allez manoeuvrer, cela m’intéresserait beaucoup, et je pourrais peut-être causer avec vous dans les pauses.
—Je ne vous le conseille pas; vous êtes resté éveillé, vous vous êtes mis martel en tête pour une chose qui, je vous assure, est sans aucune conséquence, mais maintenant qu’elle ne vous agite plus, retournez-vous sur votre oreiller et dormez, ce qui sera excellent contre la déminéralisation de vos cellules nerveuses; ne vous endormez pas trop vite parce que notre garce de musique va passer sous vos fenêtres; mais aussitôt après, je pense que vous aurez la paix, et nous nous reverrons ce soir à dîner.
SUR LE MEME THEME:
- LE COTE DE GUERMANTES - MARCEL PROUST
- 0789 - Mme de Guermantes s’avança décidément vers la voiture et redit un dernier adieu à Swann
- 0788 - Oui, mon petit Charles, je trouve que vous n’avez pas bonne mine du tout
- 0787 - Le valet de pied rentra avec la carte de la comtesse Molé
- 0786 - Ah! il est vivant, s’écria le duc avec un soupir de soulagement
PROUST
TAGS
FILMS7
- JULIA DELAGE
- LILIE PARM
- DEPARDIEU : J'ai un tatouage à plusieurs dimensions - MICHEL BLANC - TENUE DE SOIREE - BERTRAND BLIER
- BREF LE MAGAZINE DU COURT METRAGE
- ORFEO - GUSTAVE MOREAU & MONTEVERDI & GLUCK
- FILMS7 - LES "UNE"
- KATHLEEN FERRIER - CHE PURO CIEL - ORFEO - GLUCK
- NIGEL ROGERS & JAMES BOWMAN - MONTEVERDI : ORFEO : la descente aux Enfers d'Orphée
- NIGEL ROGERS & IAN PARTRIDGE - MONTEVERDI : Zefiro Torna - NIGEL ROGERS le demi-dieu de Monteverdi
- EMMANUELLE GUILBART, LAGARDERE ACTIVE & OLIVIER-RENE VEILLON : Médias à la demande VS Broadcasting
- ERICH VON STROHEIM - Derrière la Façade - 1939 - Elvire Popesco - Michel Simon - Jules Berry
- LOUIS JOUVET - ERICH VON STROHEIM - JANY HOLT - L'ALIBI
- LOUIS JOUVET - KNOCK
- Pure laine vierge - Emmanuel Malherbe - Viviane Bonelli - Nahel
- NIGEL ROGERS - Possente Spirto - ORFEO - MONTEVERDI
- POSSENTE SPIRTO - ORFEO - CLAUDIO MONTEVERDI - Lajos Kozma
- Vittorio Prato - POSSENTE SPIRTO - ORFEO - CLAUDIO MONTEVERDI
- Josè Maria Lo Monaco - Speranza - ORFEO - CLAUDIO MONTEVERDI
- Daphné Touchais - ORFEO - CLAUDIO MONTEVERDI
- ORFEO - CLAUDIO MONTEVERDI - favola in musica


