Une page de Proust au hasard:
0313 M. de Charlus célébrait la véritable noblesse d’esprit et de coeur de ces femmes
Devant le Grand-Hôtel, les trois Guermantes nous quittèrent; ils allaient déjeuner chez la princesse de Luxembourg. Au moment où ma grand’mère disait au revoir à Mme de Villeparisis et Saint-Loup à ma grand’mère, M. de Charlus qui jusque-là ne m’avait pas adressé la parole, fit quelques pas en arrière et arrivé à côté de moi: «Je prendrai le thé ce soir après dîner dans l’appartement de ma tante Villeparisis, me dit-il. J’espère que vous me ferez le plaisir de venir avec Madame votre grand’mère.» Et il rejoignit la marquise.
Quoique ce fût dimanche, il n’y avait pas plus de fiacres devant l’hôtel qu’au commencement de la saison. La femme du notaire en particulier trouvait que c’était bien des frais que de louer chaque fois une voiture pour ne pas aller chez les Cambremer, et elle se contentait de rester dans sa chambre.
— Est-ce que Mme Blandais est souffrante, demandait-on au notaire, on ne l’a pas vue aujourd’hui?
— Elle a un peu mal à la tête, la chaleur, cet orage. Il lui suffit d’un rien; mais je crois que vous la verrez ce soir. Je lui ai conseillé de descendre. Cela ne peut lui faire que du bien.

