0088 S’il était obligé de donner des excuses aux gens du monde
S’il était obligé de donner des excuses aux gens du monde pour ne pas leur faire de visites, c’était de lui en faire qu’il cherchait à s’excuser auprès d’Odette. Encore les payait-il (se demandant à la fin du mois, pour peu qu’il eût un peu abusé de sa patience et fût allé souvent la voir, si c’était assez de lui envoyer quatre mille francs), et pour chacune trouvait un prétexte, un présent à lui apporter, un renseignement dont elle avait besoin, M. de Charlus qu’elle avait rencontré allant chez elle, et qui avait exigé qu’il l’accompagnât. Et à défaut d’aucun, il priait M. de Charlus de courir chez elle, de lui dire comme spontanément, au cours de la conversation, qu’il se rappelait avoir à parler à Swann, qu’elle voulût bien lui faire demander de passer tout de suite chez elle; mais le plus souvent Swann attendait en vain et M. de Charlus lui disait le soir que son moyen n’avait pas réussi. De sorte que si elle faisait maintenant de fréquentes absences, même à Paris, quand elle y restait, elle le voyait peu, et elle qui, quand elle l’aimait, lui disait: «Je suis toujours libre» et «Qu’est-ce que l’opinion des autres peut me faire?», maintenant, chaque fois qu’il voulait la voir, elle invoquait les convenances ou prétextait des occupations. Quand il parlait d’aller à une fête de charité, à un vernissage, à une première, où elle serait, elle lui disait qu’il voulait afficher leur liaison, qu’il la traitait comme une fille. C’est au point que pour tâcher de n’être pas partout privé de la rencontrer, Swann qui savait qu’elle connaissait et affectionnait beaucoup mon grand-oncle Adolphe dont il avait été lui-même l’ami, alla le voir un jour dans son petit appartement de la rue de Bellechasse afin de lui demander d’user de son influence sur Odette. Comme elle prenait toujours, quand elle parlait à Swann, de mon oncle, des airs poétiques, disant: «Ah! lui, ce n’est pas comme toi, c’est une si belle chose, si grande, si jolie, que son amitié pour moi. Ce n’est pas lui qui me considérerait assez peu pour vouloir se montrer avec moi dans tous les lieux publics», Swann fut embarrassé et ne savait pas à quel ton il devait se hausser pour parler d’elle à mon oncle. Il posa d’abord l’excellence a priori d’Odette, l’axiome de sa supra-humanité séraphique, la révélation de ses vertus indémontrables et dont la notion ne pouvait dériver de l’expérience. «Je veux parler avec vous. Vous, vous savez quelle femme au-dessus de toutes les femmes, quel être adorable, quel ange est Odette. Mais vous savez ce que c’est que la vie de Paris. Tout le monde ne connaît pas Odette sous le jour où nous la connaissons vous et moi. Alors il y a des gens qui trouvent que je joue un rôle un peu ridicule; elle ne peut même pas admettre que je la rencontre dehors, au théâtre. Vous, en qui elle a tant de confiance, ne pourriez-vous lui dire quelques mots pour moi, lui assurer qu’elle s’exagère le tort qu’un salut de moi lui cause?»
PROUST
MARCEL PROUST - A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU - DU COTE DE CHEZ SWANN (COMBRAY - UN AMOUR DE SWANN - NOMS DE PAYS : LE NOM) - A L'OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS (AUTOUR DE Mme SWANN - NOMS DE PAYS : LE PAYS) - LE COTE DE GUERMANTES - SODOME ET GOMORRHE - LA PRISONNIERE - ALBERTINE DISPARUE - LE TEMPS RETROUVE
TAGS
albertine
amour
audiobook
balzac
bouc emissaire
carla bruni-sarkozy
carnet
charlus
chateaubriand
cinema
classiques
de gaulle
desir
diable
education sentimentale
femme
flaubert
free audiobook
gerard philippe
histoire
humour
illusions perdues
laclos
langage
leitmotiv proust
les liaisons dangereuses
litterature
luchini
madame bovary
mensonge
montherlant
morel
musique
musset
paul valery
people
perspective
photographie
politique
proust
Proust citation et contexte
proust et le roman
racine
regard
rene girard
romantiques
rostand
sadisme
scenario
seduction
sexe
societe
SPLENDEURS ET MISERES DES COURTISANES
strategie
theatre
tragedie
vice
video
violence
wagner
DERNIERES VIDEOS
- MARGUERITE GUERIN - J'AI DEUX AMOURS, MON PAYS ET PARIS - ISADORA - Paris-Place.com
- ACTRICES FACE CAMERA
- MARGUERITE GUERIN - ESSAI CASTING THEATRE
- MARGUERITE GUERIN - essai casting
- Eleanor Powell - Buddy Rich - TAP DANCE ROUTINE - SHIP AHOY 1942
- LUCHINO VISCONTI
- IRINA - OMRI BEN-CANAAN - DELPHINE CHANEAC - RICHARD CHEVALLIER
- RACING IN THE STREET - SPRINGSTEEN LIVE 1980
- SPRINGSTEEN & The E Street Band - RACING IN THE STREET - PASSAIC 78
- SPRINGSTEEN - The high notes of the Boss Bruce Springsteen
- Springsteen - Wedding Bells - PASSAIC 1978
- Bruce Springsteen - Good Rockin' Tonight - PASSAIC 1978
- SPRINGSTEEN - Twist and Shout - PASSAIC 78
- Bruce Springsteen & E Street Band - Incident On 57th Street - PASSAIC 1978
- Bruce Springsteen & The E Street Band - 10th Avenue Freeze-Out - PASSAIC 1978
- Bruce Springsteen - Streets of Fire - PASSAIC 1978
- Bruce Springsteen & The E Street Band - Prove It All Night - PASSAIC 1978
- Bruce Springsteen - Spirit in the Night - PASSAC 1978 - Version Francaise
- BRUCE SPRINGSTEEN - Santa Claus is Coming to Town - PASSAIC 1978
- Bruce Springsteen & The E Street Band - The Promised Land - PASSAIC 1978
TAGS VIDEOS
musique videos realisateurs tags video au hasard opera chefs d'orchestre classique pop rock comique acteurs actrices chanteurs chanteuses musique de film chanson française courts métrages femmes interviews histoire du cinéma casting concerts danse dessins animes wagner blondes sexe stars hollywood television humour amour citations de films chanson youtube animaux anthologie photo seduction meilleurs films grandes repliques love story

