Proust, Visconti, Mann... Alfred, Albertine, Tadzio... de la vie au cinéma en passant par le roman...

L'écrivain part d'un stock d'images vécues, et cherche à dire avec des mots la tristesse, la jalousie, une attitude, un souffle d'air.

Arrive le cinéaste, qui part de ces mots, du livre de l'écrivain, et cherche à dire avec des images la tristesse, la jalousie, une attitude, un souffle d’air...

Ainsi, partant d'images réelles, une première couche d'art les transforme en mots, et une deuxième couche d'art transforme les mots en images visuelles reconstruites...

...Florence Colombani, en illustration de son livre "Proust-Visconti", place une photo de Mort à Venise : Aschenbach et Tadzio sur la plage.

Comme suggérant que chez Visconti le film, adapté de Thomas Mann, réfère aussi aux scènes proustiennes de la rencontre d'Albertine sur la plage à Balbec ("la plage balbecienne de Mort à Venise" note Thierry Jousse).

Dans cette remise en image après plusieurs couches d'art, Albertine, qui dans la vie de Proust s'appelait Alfred, redevient Tadzio...

Transfigurations successives d'identités de surface pour en revenir à l'identité profonde d'un sexe et d'un amour, en passant par plusieurs couches de mots et d'images...