Pour Albertine c'était une question d'essence : En son fond, qu'était-elle ?

"Les recherches d'Aimé sur Albertine donnent peut-être la vérité du roman :on a rarement le personnage devant soi, celui-ci se confond avec l'enquête que l'on mène sur lui, est le résultat de celle-ci;
il importe peu, dans ce cas, que le héros soit mort ou vivant :
"Pour Albertine c'était une question d'essence : En son fond, qu'était-elle ?" (1348 Albertine disparue)
... Répond-on à une "question d'essence" ? Dans le doute, on en revient parfois, après tant de recherches, à la première apparition;
le cercle se referme :
"Et tout d'un coup, je me dis que la vraie Gilberte, la vraie Albertine, c'étaient peut-être celles qui s'étaient au premier instant livrées dans leur regard"
(1419 Albertine disparue)
... mais sur un constat d'échec :
"Je les avais "ratées"..." (1419)
Entre le possible et le réel il n'y a plus de véritable frontière, ou plutôt, l'apparence du héros renvoie à tout un monde simplement possible."
Tadié, Proust et le roman, page 78.
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