L'abomination de la désolation dans le temple de Melpomène

Les classiques et les romantiques.

« Pourquoi a-t-on opposé ces deux genres l'un à l'autre ? Pourquoi l'esprit humain est-il ainsi rétréci qu'il lui faille toujours se montrer exclusif ? Pourquoi les admirateurs de Raphaël jettent-ils la pierre à Rubens ? Pourquoi ceux de Mozart à Rossini ?

Nous sommes ainsi faits ; on ne peut même pas dire que ce soit un mal, puisque ces enthousiasmes intolérants produisent souvent les plus beaux résultats ; mais il ne faudrait pourtant pas que ce fût une éternelle guerre.

Lorsque jadis le pauvre La Motte proposa le premier à Paris de faire des pièces en prose, sans unités, Voltaire frémit d'horreur à Ferney et écrivit aux comédiens du roi que c'était l'abomination de la désolation dans le temple de Melpomène. »

De la Tragédie

A propos des débuts de Mademoiselle Rachel

par

Alfred de Musset

(La Revue des Deux Mondes, 1er novembre 1838.)

Illustration : Rachel en Melpomène.
(Élisabeth Rachel Félix 1821– 1858)

De la Tragédie - A propos des débuts de Mademoiselle Rachel - Alfred de Musset

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