à la faveur du désordre ... La Rochefoucauld tenta de faire assassiner le cardinal de Retz

la faveur du désordre..., jolie expression, pas loin du chaos entretenu, cher à Kissinger :

"le 21 août 1651, ... à la faveur du désordre La Rochefoucauld tenta de faire assassiner le cardinal de Retz."

(Jean Chrétien Ferdinand de Hoefer, Nouvelle biographie générale depuis les temps reculés jusqu'à nos jours.)

En note, Hoefer ajoute:

"La Rochefoucauld, dans ses Mémoires, tâche d'atténuer l'odieux de cette action ; mais son explication est fort équivoque. Le récit de Retz est confirmé par Joly, Mme de Motteville, la duchesse de Nemours.

"Comme je sortais de la grande chambre, dit Retz, je rencontrai dans le parquet des huissiers M. de La Rochefoucauld qui rentrait. Je n'y fis point de réflexion, et j'allais dans la salle pour prier mes amis de se retirer. Je revins après le leur avoir dit, et comme je mis le pied sur la porte du parquet, j'entendis une fort grande rumeur dans la salle de gens qui criaient aux armes;

je voulus retourner pour voir ce que c'était, mais je n'en eus pas le temps, parce que je me sentis le cou pris entre les deux battants de la porte que M. de La Rochefoucauld avait fermée sur moi, en criant à MM. de Coligny et de Ricousse de me tuer..."

Retz fut sauvé par M. de Champlatreux, fils du président Mathieu Molé."

Dans la Vie de Rancé, Chateaubriand écrira du Cardinal de Retz :

"Il disait qu'à son âge César avait six fois plus de dettes que lui : après cela il fallait conquérir le monde, et Retz conquit Broussel, une douzaine de bourgeois, et fut au moment d'être étranglé entre deux portes par le duc de La Rochefoucauld."

Voir: portrait du cardinal de Retz, l'idole des mauvais sujets