LEPOST.FR est la première expérience issue de la presse classique à tenter de faire exploser cette vision étriquée des sites de presse
Polémique au sujet du site LePost.fr, que certains jugent indigne du groupe LeMonde.fr
Depuis sa naissance, le concept a surpris, tant il différait de l’image de marque “Le Monde“.
Sur 01net, Philippe Crouzillacq écrivait le 11 septembre:
“Il ne faut jamais dire « fontaine je ne boirai pas de ton eau ». Et il est à tout le moins plutôt risqué de l’écrire. Le 13 juillet 2007, dans un éditorial titré « Indépendance », le directeur du journal Le Monde fustigeait ce qu’il appelait « les pseudo-médias alimentés par de pseudo-journalistes qui se soustraient aux règles élémentaires du métier »
(…) et les « sites Internet prétendant, en mauvais alchimistes, changer la rumeur en information au nom d’un journalisme dit citoyen ou participatif ».
Aujourd’hui, Le Monde change et lance LePost.fr, une plate-forme de contenus s’appuyant sur… le journalisme participatif.”
Cinq mois après son lancement, Jean-Michel Dumay président de la société des rédacteurs du Monde, se pose toujours la question:
“Nous souhaitons débattre (pour savoir) si ce site avait sa place dans un groupe avec des journaux de qualité. […] Ce n’est pas mon univers, je m’interroge.”
A l’inverse, belle défense du concept “LePost”, par “tardif”, dont l’analyse est pertinente:
Le 31 janvier 2008, tardif a dit (chez embruns):
“Avez-vous déjà compté le nombre de liens sortants depuis les sites de journaux comme Le Monde, Libération ou Le Figaro ? Il n’y en a pas. Tous ces sites sont des cul-de-sac du web !
Dans les sites de presse classique, il n’y a que le Nouvel Obs qui joue le jeu de proposer une sélection de liens externes pour compléter l’info d’un article.
Tous les autres sites sont refermés sur eux-mêmes et considèrent leur lecteurs comme une sorte de captif, que l’on doit empêcher de partir, retenir prisonnier.
A mon avis, c’est un symptôme très clair de la grande difficulté des journalistes venant du papier à comprendre la logique du net comme un réseau de liens, dont chaque point n’est qu’un noeud, une bifurcation vers ailleurs.
Ils raisonnent en “captage d’attention” du lecteur selon les mêmes techniques professionnelles que sur le papier. Ils ne voient leur site qu’à travers sa Une, comme un journal, alors que leurs statistiques de consultation leurs indiquent pourtant bien que ce n’est pas le chemin d’accès principal (la moitié de leur trafic vient de Google et va directement au coeur du site, le reste se repartit entre l’accès direct à la une, les flux RSS et les liens entrant).
lepost.fr est la première expérience issue de la presse classique a tenter de faire exploser cette vision étriquée des sites de presse.
Alors en effet, ça devient une sorte d’auberge espagnole (…)
C’est un très gros effort intellectuel pour un journaliste venant du papier de comprendre ce fonctionnement radicalement différent de ce qu’il connaît et de ce qu’il maîtrise. Du coup Dumay ne voit dans le post que la menace de dérive (qui existe effectivement et que l’on rencontre partout ailleurs sur les blogs d’ailleurs), le risque de ne pas tout contrôler et valider en amont, mais il ne voit pas que si les sites de presse ne parviennent pas à attirer ces internautes zappeurs et papillonnants, leur audience ne décollera jamais, ils resteront des niches, animés de temps en temps par un coup de buzz, mais ils ne seront jamais rentables…
On peut discuter autant qu’on veut du succès ou pas du post.fr (c’est d’ailleurs une expérimentation, en version béta), mais la critique de Dumay passe à côté de l’enjeu à mon avis…”
Défense du Post également par Emmanuel Parody, sur Ecosphère:
“je suis très partagé sur la question. Je respecte et comprends la volonté de conserver une stratégie cohérente en matière de production éditoriale, d’un autre côté j’apprécie LePost.fr et sa nature expérimentale, qu’on rencontre trop rarement dans les groupes de presse institutionnalisés.”
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