La difference culturelle commence tout petit
Je réactualise cet article de Philippe Bourguignon (diffusé ici il y a un an), qui complète le billet de Thierry Crouzet CHOMSKY vs FOUCAULT.Thierry Crouzet :
“Parfois je me sens plus Américain que Français. Foucault ne me parle pas. Lors de son entretien avec Chomsky en 1971, il dit qu’il faut comprendre et critiquer avant d’agir. Il nie ainsi l’évolution. A-t-elle compris avant d’agir ?”
“Nous vivons dans un monde incertain, dit Chomsky. Cessez à tout prix de vouloir y glisser de la certitude en préalable à toute action.”
La difference culturelle commence tout petit,
par Philippe Bourguignon, Aegis
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L’Europe et les Etats-Unis : au-delà des idées convenues
Le Cercle des Economistes
“Je fais partie de ce que j’appelle “les frustrés de l’Atlantique” : quand je suis aux Etats-Unis, la France me manque, et quand je suis en France, l’Amérique me manque aussi. Parce que j’ai eu le bonheur de vivre essentiellement à quatre endroits : à Aix-en-Provence d’abord, j’ai étudié sur les bancs de cette faculté, à Paris, à New York et à Los Angeles. J’ai une culture caméléon. Je vais donc faire un exposé un peu provocateur et un peu caricatural, mais c’est parce que j’aime bien les deux côtés.
La différence culturelle commence tout petit. Si vous observez une maman au parc aux Etats-Unis, à Central Park, New York, et une maman au Jardin du Luxembourg, à Paris, ou ailleurs, déjà les choses se passent.
La maman américaine amène son enfant, le quitte en lui disant : “Go and have fun”. L’enfant s’en va, s’amuse bien et subitement, il tombe ; il se fait mal au genou et il revient vers sa mère en pleurant. Sa mère lui explique pourquoi il est tombé, comment faire pour éviter de tomber la prochaine fois et elle lui dit : “Now go back, you can do it.”.
La maman française, au Luxembourg, dit à son enfant “Mets ton chandail ; ne va pas trop loin parce que je veux te voir, ne parle pas aux étrangers, ils sont dangereux, et fais attention à ne pas te salir”. Alors ce petit enfant court, tombe se couronne le genou et vient voir sa maman en pelurant : “Tu vois, je te l’avais bien dit… Tu es comme ton père!”
Là commence la différence. Dans la culture américaine, la maman a expulsé l’enfant qui est seul avec lui-même, quand elle lui a dit : “You can do it”. Elle l’a condamné à réussir, il n’a pas d’autre choix que réussir. C’est une des raisons pour lesquelles, dans la culture américaine, l’être existe en faisant. Si on cesse d’agir, on cesse d’être. A l’inverse l’enfant français est chouchouté, entouré et protégé.
L’enfant américain va prendre tout seul ses responsabilités. Et cela continue à l’école : c’est le système égalitaire français par rapport au système compétitif américain. Aux Etats-Unis, les écoles se font concurrence, et les enfants à l’école sont en compétition. Cela commence avec le sport, competition. L’enfant américain est tout de suite exposé à l’action, là où l’élève français entre dans un système totalement égalitaire. C’est ce qui fait que l’élève français - et on le voit en ce moment - se réfugie ensuite dans le groupe pour y trouver protection, exprimer ses désirs sous forme de revendication, collective en général, et se rassurer en se plaçant dans une logique d’opposition. A l’inverse, l’Américain s’investit dans son propre succès et s’il s’associe - ce qu’il fait souvent - c’est uniquement pour être plus concurrentiel. Voilà une deuxième différence.”
Philippe Bourguignon
Aegis
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L’Europe et les Etats-Unis : au-delà des idées convenues
Le Cercle des Economistes
















5 Responses to “La difference culturelle commence tout petit”
By Pretress on Aug 10, 2006
” La maman américaine à condamné l’enfant à réussir… Il n’a pas d’autre choix que de réussir “.
C’est vrai …?
Si seulement la maman américaine et trés pédagogue pouvait également ” expulser ” l’enfant vers le parc de jeux, de telle façon que cela puisse le protéger d’une futur obésité et d’un conditionnement plus qu’inquiétant à la télévision…
Petits gros et futurs petits gros ” condamnés à réussir ” - Une pédagogie américaine à double tranchant.
Sur le poduim international des adolescents les plus gros : les teenagers américains occupent la première place avec plusieurs longeurs d’avance sur leurs confrères européens.
Dans la tranche d’âge des 13 ans, la surcharge pondérale concerne 34,2% des garçons et 28,4% des filles.
By marie france on Aug 13, 2006
La différence en question a été très bien vue et vécue, c’est cela l’important! Quant au commentaire concernant l’obésité, elle ne tient pas compte de l’étendue du territoire et du nombre d’”ethnies” en présence. Pensez-y à nouveau : Quant l’europe partira de Brest pour aller jusqu’à vladivostok en passant par la Turquie et les loukoums grecs, on en reparlera!
By Ari on Nov 9, 2007
Nice