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Henry Kissinger : Pour le moment, au Cambodge, ils semblent procéder à des exécutions en masse. Mais, en principe, nous ne coupons pas les ponts.



 

Ted Kennedy

  

 

Ted Kennedy, sénateur démocrate du Massachusetts - Henry Kissinger, Secrétaire d’Etat

mardi 29 avril 1975 – 8h48

TK : Selon vous, Henry, si nous avions une certaine marge en termes de ressources pour essayer de débloquer les crédits alloués – ces fonds pourraient-ils être utilisés pour un gouvernement de coalition ou – pour la sécurité de la population, ce genre de choses ?

HK : J’ai l’impression – j’ai vu une ventilation et j’ai eu l’impression que près de 100 millions de dollars pourraient être dégagés. Et nous pourrions continuer au Cambodge, mais pour le moment, au Cambodge, ils semblent procéder à des exécutions en masse – ils ne réagissent à aucune démarche.

TK : En effet.

HK : L’ONU les a contactés, et nous avons fait savoir officieusement à l’ONU que nous serions bien disposés, mais ils éjectent même les Français. Au Cambodge, c’est assez sanglant en ce moment.

TK : Vraiment ?

HK : Vraiment. Mais, en principe, nous ne coupons pas les ponts.

 

Henry Kissinger, Sortie de crise, Vietnam 1975

 

1975, Cambodge.
L’« Angkar » (organisation) des Khmers Rouges applique alors une politique maximaliste, plus radicale encore que celle des soviétiques et des maoïstes, visant notamment à purifier le pays de la civilisation urbaine.

Les villes, à l’image de Phnom Penh dans la nuit du 17 au 18 avril 1975, sont vidées de leurs habitants, envoyés en rééducation dans les campagnes. La traque systématique des anciennes élites parlant le français et de ceux qui portent des lunettes, ajoutée aux mines, à la malnutrition et aux maladies aboutit à des massacres de masse et à une catastrophe humanitaire d’origine politique : plus d’un million de personnes sont mortes, soit deux septième de la population totale du Cambodge.

Certains intellectuels voudraient que cette «auto-destruction khmère» soit reconnue par les nations unies comme un génocide, mais elle ne correspond pas à la définition d’un génocide, puisque les critères de choix des victimes ne correspondaient pas à un groupe national, ethnique, racial ou religieux (article 6 de la Cour pénale internationale). Wp

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