ELODIE MENANT, comédienne : le refus et l’incompréhension de la cruauté humaine



ELODIE MENANT
 

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La comédienne Elodie Menant (site)

Page 2007 poursuit sa rencontre avec la comédienne Elodie Menant (lire le premier entretien).

Elodie Menant  nous parle de quelques oeuvres qui l’ont marquée.

La première œuvre à laquelle je pense est « Mon bel oranger » de José Mauro de Vasconcelos.

J’avais 10 ans lorsque je la découvris et je me souviens particulièrement du jour où, à un moment crucial et dramatique du livre, je ressentis le besoin de m’isoler : abandon du salon familial, recueillement dans ma chambre.

Mes yeux ne pouvaient se défairent des lignes, absorbée, concernée, touchée à vif et au cœur par cette histoire bouleversante ; les sanglots me submergèrent.

Jamais telle émotion ne m’avait envahie à la lecture d’un livre, j’étais désarçonnée et étonnée de réagir ainsi. Ce roman est magnifique !!

La deuxième œuvre qui m’apparaît à l’esprit est un film : « Meurtre à Alcatraz » de Marc Rocco avec Kevin Bacon.

Premier film qui me tétanisa de peur et de souffrance. J’avais 12 ans et les images projetées sur l’écran de cinéma me foudroyaient : la violence que subissait ce pauvre prisonnier m’était incompréhensible et insupportable. Je n’avais qu’un souhait : quitter la salle !

Pourquoi autant de bestialité à l’égard d’un homme (presque innocent), comment déployer une sauvagerie si atroce, les hommes sont donc insensibles, monstrueux et barbares ?!! Un vrai choc !

Et aujourd’hui encore, la souffrance et la violence sont deux aspects qui me sont difficilement supportables au cinéma.

« Trop sensible » me dira-t-on. Peut-être… mais surtout habitée par le refus et l’incompréhension de la cruauté humaine. La douleur des autres, même fictive, me blesse et la brutalité me révolte !

Si ma troisième œuvre devait être une pièce de théâtre, ce serait « Les effracteurs » de José Pliya, jouée à la Comédie Française (Théâtre dont je rêve …).

La poésie du texte, l’originalité, la détresse des deux voleurs d’émotion ont stimulé mon imaginaire et ma réflexion.

Je suis très attentive à la qualité d’un texte, aux subtilités et j’aime également ne pas sortir d’un théâtre dans le même état qu’à mon arrivée.

Une pièce doit être un instant magique qui fasse rêver, rire ou s’interroger mais, dans tous les cas, qui nous nourrisse intérieurement.

Enfin, j’adore le style et les histoires de Jorge Amado (comme « Bahia de tous les saints ») et les films de Ken Loach (comme « Bread and roses ») pour son engagement politique et social.”


Elodie Menant, pour Page 2007

“LES EFFRACTEURS (BOUFFONNERIE CRIMINELLE)”
Mise en scène : José PLIYA

©Danielle Vendé

LES EFFRACTEURS

Nico et Léo se retrouvent face à clive et bonie. Les uns se préparent à cambrioler une maison, les autres veulent en dérober ses sentiments, son intimité. Mais qui sont-ils exactement ? Frère ou soeur ? marie ou femme ? cambrioleurs professionnels ou voleurs de vie et d’émotions ?…

Les cartes sont mélangées et les pistes brouillées sur cet échiquier où la situation bascule constamment.

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