e-branlette collective - Retour sur un débat qui n’a pas eu lieu.

Un internaute résume assez bien l’opération, sur le site Agoravox :
> Les internautes appellent les candidats à débattre le 16 avril (DERNIERES INFOS)par tyze (IP:xxx.x23.134.84) le 15 avril 2007 à 17H28
Ouais super, Sarkozy ne veut pas venir alors le débat n’aura pas lieu… Ce n’était vraiment pas la peine de faire tout ce bruit pour en arriver là aujourd’hui. Et dire que je suis allé signer la pétition pour au final assister à ce dégonflage pathétique… Merci en tout cas pour ce bon moment de e-branlette collective.
J’ai d’abord pensé faire un récit détaillé de l’opération, reprenant, sans citer les auteurs, des bouts de correspondance et d’échanges téléphoniques.
Une amie me dit : “il ne faut pas toujours chercher des boucs émissaires.”
L’idée n’était pas de chercher des boucs émissaires, seulement de mettre en évidence les erreurs, pour qu’elles ne soient pas reproduites une prochaine fois.
Ces erreurs, nous les avons annoncées, à quelques uns, depuis le 3 avril. Sans être écoutés par ceux qui ne voulaient rien entendre. Nous faisions figure de sentimentaux à ne pas prendre au sérieux. Quand nous ne passions pas pour des sous-marins de Sarkozy, parce que nous refusions de foncer tête baissée dans un échec annoncé, parce que nous remettions en cause le fondement éditorial du projet.
L’échec du plan qu’ont choisi ceux qui ne voulaient rien entendre, donne un poids nouveau à ce que nous disions, jour après jour.
Thierry Crouzet annonce son récit de l’aventure pour demain. Je le laisse l’écrire, et renonce donc au mien. Il trouvera sûrement des mots plus sages.
Ce qui reste incompréhensible, c’est que plusieurs des plus grands médias français se soient engouffrés dans une opération de débat à quatre, qui conduisait si visiblement à l’impasse, s’est conclue sur l’échec annoncé, et était contraire à tous les principes d’équité et de pluralisme.
Au final, l’erreur la plus importante fut celle, le premier jour, de François Bayrou, d’avoir lancé, en conférence de presse, l’idée d’un débat reservé aux quatre principaux candidats, cela sur Internet “pour contourner les règles du CSA”. Quelle erreur de formulation et de projet, de ne parler que des quatre !
Ce débat ne pouvait pas avoir lieu, car Nicolas Sarkozy, qui avait tout à perdre, l’a refusé, en arguant du principe de l’équité nécessaire entre tous les candidats, les douze. Internet ne pouvant servir à contourner ce principe.
Le comble, c’est qu’ainsi, Sarkozy passait pour le défenseur du pluralisme, et Bayrou pour le défenseur des petites magouilles entre gens du système.
Quelle erreur !
Il a fallu deux jours à François Bayrou pour comprendre cette erreur. Il a fallu les premiers articles négatifs. La position de Nicolas Voisin, entre autres, se déclarant hostile à un débat excluant les petits candidats.
Il a fallu deux jours pour que Bayrou précise mieux les choses, et se dise favorable à un débat à 3, à 4 ou à 12, à n’importe quel débat proposé par les Internautes.
C’était trop tard. Les grands médias avaient surfé sur sa première déclaration, s’étaient engouffrés dans l’idée d’un débat à 4, la formule la plus intéressante pour eux, la seule dont ils voulaient.
Quelques blogueurs étaient sur cette même longueur d’onde que ces grands médias, parce que le débat à quatre leur semblait le seul format satisfaisant intellectuellement.
Et l’organisation s’est faite autour de ce choix éditorial qui conduisait à l’impasse. En entrant dans la boucle, les grands médias ne laissaient plus d’espace aux voix dissonantes.
Ceux qui réclamaient un débat à douze, à la fois pour défendre le pluralisme, et parce que c’était le seul possible à organiser, ont été méprisés. Un second communiqué s’adressant aux petits candidats est passé inaperçu, non repris par les grands médias.
Avec le résultat qu’on a vu : l’échec.
Sarkozy refusant, sans surprise, le débat à quatre, fut suivi de Le Pen, et de Ségolène Royal, qui n’acceptait plus un débat sans Sarkozy, comme s’il était le centre de la vie politique, sans qui rien ne pouvait se faire.
Il ne restait personne pour débattre, les petits candidats ayant été écartés du dispositif principal.
Axel Karakartal, Page2007
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12 Responses to “e-branlette collective - Retour sur un débat qui n’a pas eu lieu.”
By José on Apr 15, 2007
Pour avoir suivi cette opération avec un œil attentif, je ne suis évidemment pas étonné de l’attitude des grands médias qui seuls, à ce stade de la campagne, avaient la force de frappe, l’expérience et les nécessaires capacités “diplomatiques“ pour organiser un débat, si cela avait été possible ou simplement souhaité par tous les candidats.
Ce débat n’était évidemment pas dans l’intérêt du favori, Nicolas Sarkozy. Il n’avait donc qu’une chance d’exister : contre lui, à onze. Il aurait fini par se rallier. Ou par le payer.
Du coup, je suis épaté par l’absence de vista des “organisateurs“, la capacité de certains à s’asseoir sur la pluralité prônée quelques jours plus tôt et à préférer, pour convenance d’affaires ou d’opinions, n’importe quel show à “pas de show“.
Quand on ne dispose pas d’une force de frappe suffisante, reste la force morale : la seule légitimité que l’on a, repose les principes auxquels on adhère. Jamais sur leur piétinement
By page2007.com on Apr 15, 2007
Merci José. ça fait plaisir de te lire.
Pour une fois, la stratégie de victoire et le principe de pluralisme s’accordaient : il fallait lancer l’invitation aux 12.
C’est rare que Machiavel s’accorde avec la justice.
Et malgré tout, la majorité des organisateurs n’a pas compris cela, et a choisi une formule honteuse qui n’avait aucune chance de succès.
Le réchauffement climatique doit commencer à atteindre les neurones dans certaines rédactions.
(sauf à penser qu’en fait certains ne voulaient pas du débat)
By m.m0@laposte.net on Apr 16, 2007
pourquoi ne pas faire un débat sans Sarkozy?
By Sébastien Brant on Apr 16, 2007
Juste une remarque en passant : si la proposition d’un débat à 4 était discutable, celle d’un débat à 12 sur Internet l’était tout autant car dans ce cas, les règles du CSA n’empêchaient nullement d’organiser ce débat en prime-time sur une grande chaîne de télévision.
J’ai l’impression que les sites des grands journaux (libé.fr, lemonde.fr, 20minutes) se sont servi de cette proposition de débat pour se faire mousser un peu.
Quant à moi, j’ai malheureusement refusé de signer une pétition dont la page était affublée de publicité, au bénéfice de qui ?
By vero on Apr 16, 2007
sarko ne peut pas participer a ce debat .. il sait tres bien qu’il est mort des les 1er mots prononces MDR LOL
un candidat qui peut pas causer .. sans avoir peur de se faire eliminer des le 1er tour !!!!
un candidat qui ne peut pas aller dans les banlieue.. sans avoir peur d’une emeute (il a bien fini par aller a meaux … mais entouré de 375 policier )
et on voudrait ca comme president ??????? un “marche à l’ombre ” ????
pas moi
By vero on Apr 16, 2007
1000 excuses c’est pas 375 c’est = 320 policiers mobilisés et des préparatifs dignes d’une opération de service secret, pour une simple visite du candidat Nicolas Sarkozy dans un quartier populaire de Meaux
MDR
http://www.page2007.com/2007/04/14/320-policiers-mobilises-et-des-preparatifs-dignes-dune-operation-de-service-secret-pour-une-simple-visite-du-candidat-nicolas-sarkozy-dans-un-quartier-populaire-de-meaux/
By tristan on Apr 16, 2007
vision politique et populaire de la democratie sont deux choses bien differentes…
By N OUBLIEZ PAS NABUCHODONOSOR on Apr 16, 2007
http://fr.news.yahoo.com/16042007/202/la-france-a-alerte-debut-2001-les-etats-unis-d.html
By jop on Apr 16, 2007
salut,
j’ai suivi ce grand debat de l’interieur d’un “grand media” et je peux vous dire que certains se sont defoncés plusieurs jours durant pour essayer de convaincre messieurs et mesdames nos candidats…
Non, les grands medias ne sont pas forcement à la botte du pouvoir…
bien à vous,
bravo pour l’initiative en tout cas
bonne continuation
jop
By page2007.com on Apr 16, 2007
@ jop
merci pour ce témoignage.
J’ai toujours du mal à comprendre que des rédactions bien informées, aient pu penser pouvoir faire changer d’avis Sarkozy, en si peu de temps, alors qu’il avait tout à perdre, et que son argument de l’équité était suffisamment légitime pour qu’il s’en sorte sans déshonneur.
J’ai quitté l’UMP en 2005 suite à la dérive droitière de Sarko, mais je garde quelques amis, dont certains au QG, et il m’a suffi de quelques coups de fil pour être certain que Sarko ne voudrait pas du débat à 4 et ne changerait pas d’avis.
Comme Carlo Revelli, je pense qu’il aurait également refusé le débat à 12 (prétextant la “confusion”), mais il restait possible de faire un débat à 9 ou 10.
Le problème, c’est que les grands médias n’étaient pas du tout intéressés par un débat à 9 ou 10, sans Ségo ni Sarko.
Alors que les Internautes étaient intéressés par cela, et plusieurs petits candidats également.
C’est là qu’est le malentendu.
En faisant une boucle d’organisation avec les grands médias, on a empêché une autre issue possible que l’abandon pur et simple : celle du débat à 9 ou 10.
Pour les grands médias, à partir du moment où Sarkozy refusait, rien n’était possible. C’était un peu étriqué comme cahier des charges.