Débat sur le blog de Xavier Moisant entre Ntiourtite et Thierry Crouzet, sur la longue traîne en politique, et le cinquième pouvoir. Action et Communication
Ntiourtite estime sur le blog de Xavier Moisant que Thierry Crouzet, en s’enthousiasmant pour la multiplication des candidats, “réduit la politique à un jeu d’expression. Quid du projet, des propositions et capacité d’action ?”.
Thierry Crouzet répond dans un premier temps, en expliquant qu’en évoquant la longue traîne, l’atomisation de la vie politique, il ne fait que constater une réalité, une évolution de la vie politique, une courbe. Il réserve la réponse sur le fond à son ouvrage en préparation, à paraître en Janvier, le Cinquième Pouvoir.
Pour Ntiourtite, “Thierry Crouzet semble s’enivrer d’une illusion de pouvoir à portée de net : ” the power is to us and not to them”. Le net permettrait aux
internautes citoyens de se substituer au pouvoir politique. Or nous parlant de pouvoir, il ne nous parle que d’expression et non d’action. Le pouvoir politique reste encore une force d’action sur le collectif. Et le pouvoir qu’a démontré le net jusqu’à présent était surtout celui du “pouvoir de s’organiser en contre-pouvoir”. Et si le 5ème pouvoir n’était qu’un contre-pouvoir ?”
Xavier Moisant participe à la stratégie de communication Internet de l’UMP.
Ntiourtite défend-elle comme Xavier Moisant l’idée sarkozyste de projet politique, appuyé sur un parti fort, visant à rassembler une capacité d’action maximale ?
Thierry Crouzet semble davantage séduit par les hommes politiques présentant une capacité d’écoute, et par les dialogues et connections dans la blogosphère.
Est-ce à dire que l’opposition se situe entre action et discussion, comme le laisse entendre Ntiourtite ?
Il ne semble pas.
Le 17 novembre 2005, Nicolas Sarkozy expliquait à Denis Jeambar, de L’Express :
“La sémantique, ça compte. Les idées, les mots, les concepts servent à déverrouiller l’action.
Je prends une image: la communication est à l’action ce que l’aviation est à l’infanterie; l’aviation doit passer pour que
l’infanterie puisse sortir; c’est lorsqu’on a gagné la bataille de la communication qu’on peut commencer à agir.Il y a vingt-cinq ans, on agissait puis on communiquait; à présent, tout a changé, c’est parce qu’on a communiqué et qu’on s’est fait comprendre qu’on peut agir.”
Nicolas Sarkozy a raison sur ce point. Là où il y a débat, c’est dans la méthode pour communiquer.
L’opposition entre Nicolas Sarkozy et Thierry Crouzet n’est pas une opposition entre action et communication/discussion.
Dans les deux cas, chez Sarkozy comme chez Crouzet, l’importance de la communication, pour déverrouiller les blocages, pour permettre l’action, est jugée fondamentale.
Aucun ne rejette l’importance de l’action. Les deux jugent qu’on ne peut agir qu’après avoir communiqué.
Alors où se situe la différence ?
Elle se situe, il me semble, dans l’idée qu’on se fait de la communication, que l’un et l’autre se font de la communication.
Pour Sarkozy, la communication consiste, pour un leader, et pour un parti, à présenter d’en haut un projet, enraciné dans un camp politique, une idéologie. Il en découle une stratégie Internet, à laquelle Xavier Moisant participe, consistant à bombarder les Français d’informations sur ce leader et ce projet : annonces Google, achats de mots-clé, spams, etc etc. “Venez voir notre projet, il est meilleur que celui d’en face”.
Pour Thierry Crouzet, la communication doit quitter la méthode pyramidale. Elle se doit d’être beaucoup plus interactive, et doit sortir du système binaire. Une communication venant d’en haut n’est pas acceptée par la base, elle inspire la méfiance. Il n’y a d’ailleurs plus de base ni de sommet. Cela ne correspond plus à la notion d’égalité qu’Internet introduit. La notion même de parti devient trop étroite, à une époque où le dialogue devient si facile qu’on n’est plus dépendant des réseaux sociaux d’une seule chapelle pour communiquer.
Les limites de la notion que Nicolas Sarkozy a de la communication se sont faites sentir lors de la conférence LEWEB3. Sarkozy est arrivé, a lu un discours, et est reparti, sans échanges avec la salle. Il a eu le sentiment de communiquer. La salle des blogueurs n’a pas eu le sentiment qu’il communiquait, et l’a sifflé.
A l’inverse, François Bayrou a choisi le dialogue, et a été mieux reçu.
Quelle méthode est la plus efficace pour permettre l’action ?
Nicolas Sarkozy rassemble certes une forte base de fidèles, les sondages semblent donner raison à sa stratégie.
Encore faut-il ne pas confondre, stratégie pour être élu, et stratégie pour agir. Ntiourtite parlait d’action.
Par sa méthode, Nicolas Sarkozy soulève une forte marée d’opposants.
Depuis des années, la politique française est ainsi structurée, qu’arrivant au pouvoir, le Président ne peut agir. Car la communication est coupée en deux par la structure politique binaire. Les grandes réformes ne se font pas.
Lorsque Ntiourtite parle de concentration de forces pour agir, cela se heurte à cette réalité : une concentration de forces aussi importante, en face, bloquant l’action, descendant dans la rue, paralysant le pays.
Sans casser ce système binaire de deux concentrations de forces s’opposant stérilement l’une à l’autre, il n’est pas sûr qu’on puisse agir, qu’on puisse appliquer les réformes dont la France a besoin.
La concentration de forces n’est pas une garantie d’action.
C’est aussi l’avis de Jean-Claude Casanova, lorsqu’il dit soutenir la stratégie de François Bayrou : “J’opte, comme Bayrou, pour la deuxième interprétation : la France serait mieux gouvernée par une coalition large, comprenant le centre droit et le centre gauche”.
Casanova : Aucun gouvernement n’a pu s’attaquer sérieusement à la réforme des études universitaires, de l’éducation, de la Sécurité sociale ou des régimes spéciaux de retraite.
Charles Jaigu LE FIGARO : Que faut-il en conclure ?
Jean-Claude Casanova : Deux interprétations sont possibles. Ou bien on suppose que les Français ne seront jamais capables de faire les
réformes que font les autres Européens. Ou bien on pense que les mécanismes politiques ne permettent pas de constituer une majorité de gouvernement suffisamment large et suffisamment représentative de tout le pays.
J’opte, comme Bayrou, pour la deuxième interprétation : la France serait mieux gouvernée par une coalition large, comprenant le centre droit et le centre gauche, comme en Allemagne actuellement, où gouverne une large majorité avec une petite opposition.
Ainsi, lorsque Thierry Crouzet met l’accent sur la multiplicité politique, et parle de l’importance de la discussion, il ne pense pas à autre chose qu’à ce que dit Sarkozy : si la communication ne passe pas, l’action ne se fait pas.
Il a simplement une autre conception de la communication, que celle défendue par Sarkozy ou par Ntiourtite.
Crouzet ne réduit pas la politique à de la “parlote sur les blogs”. Il a parfaitement conscience qu’en définitive, c’est l’action qui compte, et pas la seule parole. Mais il estime, et avec lui, beaucoup estiment, qu’on ne peut agir sans renouveler les méthodes de communication, les anciennes méthodes, binaires, ayant échoué.
Il faut introduire un plus grand nombre de voix, et ne plus opposer A à B, pour poser sur la table les grands défis devant lesquels se trouve la France, sans qu’ils soient pris en otage par une moitié de Français contre une autre.
Ntiourtite ne devrait pas placer le débat sous la forme d’une opposition entre action et discussion. Elle doit placer le débat sur le terrain de la communication : comment casser les blocages communicatifs qui verrouillent l’action ?
Il n’est pas certain que la méthode de communication choisie par Nicolas Sarkozy soit de nature à “déverrouiller l’action”. On a plutôt l’impression qu’elle est de
nature à tout verrouiller, à casser le pays en deux, à créer de la haine entre Français.
Et c’est bien le problème.
Rarement homme politique aura suscité autant de haines que Nicolas Sarkozy. Comment peut-il croire qu’il est sur le chemin de “déverrouiller l’action”, s’il continue ces méthodes de communication ?
Axel
Page2007
A lire :
Ntiourtite :
pdld [Place de la Démocratie]: leweb3 : Thierry Crouzet, vive le marché de niche en politique!
Thierry Crouzet semble s’enivrer d’une illusion de pouvoir à portée de net : ” the power is to us and not to them”. Le net permettrait aux internautes citoyens de se substituer au pouvoir politique.
Or nous parlant de pouvoir, il ne nous parle que d’expression et non d’action. Le pouvoir politique reste encore une force d’action sur le collectif.
Et le pouvoir qu’a démontré le net jusqu’à présent était surtout celui du “pouvoir de s’organiser en contre-pouvoir”.
Et si le 5ème pouvoir n’était qu’un contre-pouvoir ?
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22 Responses to “Débat sur le blog de Xavier Moisant entre Ntiourtite et Thierry Crouzet, sur la longue traîne en politique, et le cinquième pouvoir. Action et Communication”
By page2007.com on Dec 17, 2006
Lire des compléments dans les commentaires sur le blog de Thierry Crouzet :
http://blog.tcrouzet.com/2006/12/17/la-longue-traine-politique/
Notamment le débat avec Henri Alberti.
Je donne les compléments suivants :
“Henri, on pourrait répondre à Ntiourtite sur bien d’autres points, et de façon plus fouillée. Mais Thierry rappelle qu’il le fera dans les 80 dernières pages de son livre.
Mon billet a été rédigé très rapidement, en rebondissant sur un aspect de la critique de Ntiourtite : l’opposition action/discussion. C’est plus un billet d’humeur écrit d’un jet, qu’une thèse. Ce n’est pas moi qui écrit le livre
Cette critique revient très souvent à propos du 5e pouvoir, accusé de ne consister qu’en parlote virtuelle, déconnectée de l’action.
Dans mon billet je rappelle que, même pour un politique comme Sarkozy, la communication ne peut pas être coupée de l’action. La communication EST action, et sans bonne communication il n’y a pas d’action.
Ce que les partisans du 5e pouvoir essaient de dire, c’est que la vieille forme de communication utilisée par les partis politiques, n’est plus ressentie comme une vraie forme de communication, et qu’elle n’est plus efficace pour “déverrouiller l’action”. Elle crée plus de blocages qu’elle n’en lève. Il faut repenser la communication, avec d’autres méthodes. Les “discussions”, loin d’être seulement un “contre-pouvoir” comme dit Ntiourtite, sont des leviers pour agir.
On pourrait à la fois développer cela davantage, et l’on pourrait aussi revenir sur les autres points du billet de Ntiourtite. Je ne réponds que très partiellement.
J’ajoute qu’au départ, j’ai écrit mon billet en pensant que l’article était écrit par Xavier Moisant, qui travaille pour la com de Sarkozy. D’où les nombreux parallèles faits avec Sarko et sa stratégie Internet.
Je n’ai vu qu’après le petit “ntiourtite” en bas.
Je ne connais pas les opinions politiques de Ntiourtite, et je ne sais pas si elle travaille également avec Xavier sur ce plan de la stratégie de Sarko.
J’ai modifié un peu le billet , mais une partie reste centrée sur Xavier et la stratégie Internet de Sarko. Même si cela déborde le cadre de Ntiourtite, cela nourrit le débat global. “
By Fred R on Dec 18, 2006
Il s’agit de Nadia Tiourtite :
http://xmo.blogs.com/pdld/2005/12/bonsoir_petite_.html
Bonsoir,
Petite présentation donc ( qui suis-je, dans quelle étagère…) en tant qu’auteur invitée sur le blog de Xavier.
Une juriste de droit public, qui a pris le chemin de la com politique et du lobbying. C’est là que le web est devenu vital pour moi. Ma mine d’information stratégique ! et parmi les thématiques à suivre à Paris et Bruxelles, tout ce qui relevait des NTIC, de l’e-content.
Voilà pour l’expertise professionnelle. Sinon, les livres, les livres et les livres. Vous pouvez aussi me lire en version offline (ça existe encore!) dans le magazine TOC où je couvre l’actu littéraire.
A bientôt
Nadia Tiourtite
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nadia_Tiourtite
Nadia Tiourtite
Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Nadia Tiourtite est une critique littéraire. Elle commence en 2002 avec Michel Field sur Paris Première dans l’émission Field dans ta chambre. Deuis 2003, elle s’occupe des pages littéraires dans le magazine TOC.
By Fred R on Dec 18, 2006
Nadia Tiourtite est ou était extrême-gauche, pas sarkoziste:
http://www.eleves.ens.fr/pollens/mailing_lists/ancien/2005-June.txt
From nadia.tiourtite at utopiesconcretes.org
Tue Jun 14 17:58:37 2005
From: nadia.tiourtite at utopiesconcretes.org (Nadia Tiourtite)
Date: Wed Jun 15 09:47:49 2005
Subject: [Pollens] Signez le manifeste pour une insurrection du sens et
faites circuler
Signez le
manifeste pour une insurrection du sens
Si vous pensez qu’il est urgent pour les citoyens que nous sommes de
réinvestir le politique, nous vous invitons à signer ce manifeste pour
témoigner ensemble de l’importance de penser collectivement un projet de
société.
Un projet qui remet au centre l’idée du sens, qui réhabilite l’utopie, comme
moteur de progrès, non une idée irréaliste, mais une idée pour le moment
sans lieu.
Ouvrons lui des territoires. Dans une logique de pour, et non de contre,
parce qu’il est temps de construire, de s’atteler au projet, seule tâche qui
vaille pour donner sens et armature à une société.
adressez nous votre signature à info@utopiesconcretes.org avec pour
objet du mail : signature manifeste
Manifeste de l’utopie concrète
Rester silencieux, ou parler dans son coin, devient de la lâcheté, de la
connivence, de la résignation.
Aucun projet ne se dessine en Europe où la gauche, mangée par l’air du
temps, n’a pas pu produire autre chose qu’un médiocre social libéralisme.
Aucune utopie ne porte le vieux continent pacifié.
Pourrions-nous parler d’un Front Populaire Européen ?
Peut-il inventer un espace des libertés et du lien social dans ce monde que
les religions, les tribus émiettent.
Pouvons-nous penser ?
Pouvons-nous orienter la protestation anti-mondialisation dans un projet
positif de partage de la culture avec le Sud ?
Dans une lutte mondiale pour la laïcité ?
Dans l’invention d’un plan Marshall pour le Monde ?
Pour porter ce projet mondial,
Pouvons-nous faire de l’Europe le lieu d’un lien social restauré ouvert sur
le monde ?
Pouvons-nous proposer à l’Europe,
un service civil garçons filles, un impôt de la personne utile, au Sud et au
Nord, à la pacification des esprits et au développement ?
Pouvons-nous proposer à l’Europe,
De nouveaux services publics,
De l’eau, de la ressource fondatrice,
Du bâtiment, embellir et transformer les villes hors du marché,
Du médicament, l’intelligence devenant gratuite, on ne fait pas d’argent sur
le Sida ?
Pouvons-nous faire un tour de l’Europe en prenant le meilleur de chaque pays
?
Pouvons-nous reconnaître le fait métropolitain et fabriquer un au-delà de
l’Europe des nations appuyé sur les métropoles qui sont aujourd’hui les
lieux où se croisent les citoyens du monde entier ?
Pouvons-nous penser une politique de l’école qui fabrique du citoyen, hors
de l’idée de former du producteur ou de formater de l’idiot ?
Pouvons-nous décider que les villes en Europe ne connaissent plus de lieux
apartheidaires ?
Pouvons-nous décider de pouvoir se parler et développer la latinité, pas
seulement la francophonie ?
Pouvons-nous penser l’impôt hors des catégories de la technocratie ?
Pouvons-nous orienter l’impôt vers tout ce qui fabrique du lien social,
supprimer la T.V.A. sur tous les lieux de rencontre, bistrots, restaurants
et cafés théâtre ?
Pouvons-nous lancer un mouvement philosophique de masse, inventer des
instances de palabre, genre sénat philosophique, pour ne pas laisser aux
commissions et aux spécialistes la gestion des questions éthiques,
informatiques et télévisuelles ?
Pouvons-nous fabriquer des Parlements composés d’amateurs éclairés et ainsi
marginaliser ce qui s’appelle partout la classe politique et qui s’éloigne
chaque jour des citoyens ?
Exerçons donc notre liberté, qu’aucune main invisible ne nous guide !
Tout commence toujours par les idées.
Reprenons des vieilles recettes dont celle des Etats généraux.
Décidons de lancer des Etats généraux de l’utopie concrète.
Car rien de ce qui est dit là n’est impossible, et pourtant fait rêver.
Dans la complexité du Monde, on peut porter quelques idées simples.
La personne est au centre, et son émancipation est la condition de celle du
tous, il faut lire Marx dans le bon ordre.
Le commun est possible à condition, comme dit Freud de s’ôter de la tête que
l’homme est bon, et de faire l’erreur d’en vouloir un nouveau.
La question de l’art est centrale pour un projet commun, le sublime est ce
qui permet de grandir et d’élever les hommes.
L’embellissement et la transformation des villes, le développement de la
création, l’éducation populaire, la célébration artistique du vivre ensemble
sont le ciment d’un projet commun, l’amour possible dans un monde sans
amour.
Il faut traiter le citoyen en artiste (” As an artist “, dit Joyce)
Les Etats généraux auraient une musique : l’hymne à la liberté du Don Juan
de Mozart,
Une devise : celle de Rimbaud des Illuminations ” j’ai tendu des cordes de
clochers à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or
d’étoile à étoile, et je danse “.
Une manière de s’exposer en Europe : la tournée de l’illustre théâtre de
Molière.
Les trois Christ laïques seraient convoqués.
L’espace démocratique des Etats généraux serait le cercle, ou l’ovale (dans
l’ovale il y a deux foyers et pas de lieu pour le despote).
Les premiers Etats généraux pourraient se tenir aux Bouffes du Nord,
Dans un premier temps ils rassembleraient ceux qui trouvent des chemins dans
les sociétés les plus bloquées.
Philosophe qui comme Michel Onfray démissionne de l’Education National et
crée une université populaire de philosophie.
Militant qui comme Richard Dethyre en créant l’APEIS a inventé les chômeurs
comme acteurs dans l’espace public.
Architecte comme Patrick Bouchain qui fabrique du lieu en créant du lien
Etc …..
L’idée est aujourd’hui d’unir les intellectuels fabricants.
Pas seulement l’engagement Sartrien (toujours suspect) ni uniquement
l’organique (Gramscien),
Non ! des intellectuels fabricants
Construisons en Europe une Fabrique Démocratique, un espace de projets
Comme d’habitude
Encore un effort Européens, rejoignons nous,
Si vous voulez refonder en Europe la République.
Premiers signataires du Manifeste:
Cyril Aouizerate, Roland Castro, Arnauld Champremier, Vincent Charpenet,
Gaspard Delanoë, Mina Djaad, Leila Gicquel, Geoffrey Gouverneur, Marc
Fontaine, Patrice Franceschi,
Eric Halphen, Antoine Lefebure, Ahmed Meguini, Abel Mestre, Alexandre
Pessar, Oriane Sarfati, Vincent Vogt.
By Xavier on Dec 18, 2006
Lire, vérifier ses informations (si tant est que ce soit des informations) ne semblent pas être des qualités du 5ème pouvoir ici, du moins de l’auteur du billet, à la vision partielle et partiale ?
Je reviendrai sur le fond du commentaire d’Henri Alberti qui pointe lui aussi les procès d’interprétation de ce billet.
Par ailleurs, préjuger de la pensée de Nadia et, à fortiori de la mienne, en raison d’un de nos clients, lui-même très libre, je trouve cela révélateur et instructif. Un peu d’aigreur ?
PS : pourrais-tu écrire ce billet en remettant cette réflexion en perspective avec certains autres de nos clients (Centre d’analyse stratégique ou Institut Curie par exemple) ?
By page2007.com on Dec 18, 2006
Xavier, ce n’est pas la peine de vous montrer désagréable.
Au sujet de la rigueur, je me suis bien gardé d’accuser Nadia de manque de rigueur, pourtant l’on pourrait. Son article montre une vue très superficielle de ce dont elle parle.
Je ne lui en ai pas fait le reproche, car l’écriture sur un blog n’exige pas la même rigueur que pour un journal professionnel.
Au nom du principe “les blogs démarrent des conversations”.
Selon ce principe, le blog peut lancer un sujet en partant d’une vue subjective et rapide, et laisser la vérité se construire peu à peu par le jeu des commentaires libres des lecteurs du blog, et des commentaires d’un blog à l’autre.
Un article publié sur un blog ne présente pas une thèse définitive, il ouvre un débat.
Je trouve que vous exigez de moi plus de rigueur que vous n’en exigez de Nadia. A-t-elle vérifié ses informations avant de laisser entendre que le 5e pouvoir ne consistait qu’en discussions stériles, avec beaucoup de dédain, en lui opposant l’action politique des grands partis ?
Non. Elle a écrit un billet rapide, très subjectif, partiel et partial. Et elle a eu raison, c’était l’occasion d’ouvrir un débat.
J’ai ce même droit de répondre par un billet personnel écrit aussi vite que le sien.
La vérité sortira peu à peu de ces débats, c’est le principe de la discussion entre blogs : la vérité est à la fin, et non contenue toute entière dans un premier billet.
Axel
By page2007.com on Dec 18, 2006
Voici d’ailleurs le Time Magazine qui donne plutôt raison à Thierry qu’à l’article de Nadia
http://www.page2007.com/?p=2121
Nadia écrit :
“Thierry Crouzet semble s’enivrer d’une illusion de pouvoir à portée de net : ” the power is to us and not to them”. Le net permettrait aux internautes citoyens de se substituer au pouvoir politique. ”
on peut désormais dire que le Time pense comme Thierry. Cela n’a rien d’une illusion naïve : la maîtrise de l’information par les citoyens change la politique, et Time Magazine ne se montre pas dédaigneux à ce sujet, comprenant qu’il s’agit bien d’un pouvoir politique.
By Xavier on Dec 18, 2006
Axel,
Vous avez raison, un procès d’intention, ce n’est pas désagréable du tout pour rester poli car c’est bien ce dont il s’agit dans votre billet.
Il y a peut-être une différence entre préjuger de l’avis de quelqu’un, non pas au nom de ce qu’elle écrit mais de sa proximité supposée et, ici, comique avec quelqu’un d’autre et questionner une idée comme Nadia le fait.
Oui, Thierry postule la long tail en politique. Ce n’est pas parce que des courbes se ressemblent qu’elles sont identiques ou traduisent des phénomènes identiques. Par exemple, une différence entre les courbes est qu’une élection présidentielle, se joue dans un “univers fermé”. Le nombre total, maximal, de votants n’est pas extensible et ne sera pas accru par l’effet des nouvelles technologies ce qui est par exemple le cas pour la micro-consommation musicale ou la production de t-shirts sur demande.
Il manque dans la présentation qu’a fait Thierry au web 3, ses développements sur le vote et la démocratie représentative qui éclairent ses idées. Il l’avait fait au World eGov Forum à Issy.
Pour revenir à la fragmentation électorale à la présidentielle, je vous invite tous à regarder les élections législatives des troisième et quatrième républiques. La France a connu une vraie fragmention de son offre politique, elle aussi. Ca ne donnait pas spécialement pas envie semble-t-il, car, à l’époque, le peuple français souverain a adopté une constitution qui proposait un autre modèle de fonctionnement.
Où sont les démonstrations de construction dans l’univers démocratique du Cinquième pouvoir ? La mobilisation en ligne, je m’y intéresse un peu, et la co-création politique et surtout démocratique (hors d’un milieu de geeks et nerds), ce n’est pas encore très courant. J’ai bien conscience que nous sommes à un début en disant cela. En revanche, qu’Internet, entre autres, permette plus d’expression des citoyens, c’est indéniable, pourquoi faire, c’est une question qui mérite d’être posée et ce n’est pas une couverture un peu démago qui me fera changer d’avis.
By page2007.com on Dec 18, 2006
“je vous invite tous à regarder les élections législatives des troisième et quatrième républiques. La France a connu une vraie fragmention de son offre politique, elle aussi.”
D’accord Xavier. Si un jour j’ai pris ma carte de l’UMP, un certain 28 novembre 2004, c’est aussi parce que je pensais qu’il fallait un parti fort pour mener des réformes.
Malheureusement, les faits ont montré que ça ne marchait pas, et j’ai rendu ma carte. Sarkozy a communiqué d’une façon, qui a soulevé des murs dans la société, au lieu de déverrouiller l’action. Il suffisait de prononcer son nom pour que les esprits se ferment.
Vous avez bien vu comment maintenant Loïc Le Meur à son tour suscite un nombre croissant d’oppositions, depuis son ralliement à Sarkozy. Il ne peut plus rien faire, rien dire, rien organiser, sans que le public pense : “c’est une manipulation politique pour l’UMP”.
Désolé, mais la com de Sarko est un échec, il a suscité une haine qui dépasse de bcp l’opposition à son programme. C’est son idée de vouloir copier les méthodes de Karl Rove, qui l’a mené aux mêmes blocages sociétaux que ce que Bush connait.
Maintenant il se fait en + manger son programme par Royal, qui rassure davantage les Français.
En quoi est-ce que tout cela mène à une possibilité d’action ? On va vers un blocage du pays. Il n’y a pas que l’éparpillement en petits partis qui conduit aux blocages. Deux blocs l’un contre l’autre peuvent produire ce même blocage, puisque l’adversaire est aussi fort que soi. Les possibilités d’alliances sont réduites.
D’ailleurs, vous me parlez de l’instabilité sous la 4e République, mais le Général de Gaulle disait à Coty : “Je sais Monsieur Coty, je n’ai pas assez de dimanches” = ce qui signifiait : “je n’ai pas assez de dimanches pour inaugurer toutes les constructions entreprises sous la 4e, qui fleurissent maintenant.”
De Gaulle, l’homme de la 5e, l’homme qui détestait l’instabilité de la 4e, était forcé de reconnaître que la 4e avait bcp accompli, bcp construit en France.
On s’est moqué de l’instabilité de la 4e, mais cela ne l’a pas empêché de faire bcp de choses.
A l’inverse, Jacques Chirac est élu avec 82% des voix, et il ne peut rien faire, la moindre réforme est bloquée.
La stabilité politique sous la 5e n’est pas une garantie de pouvoir agir. Depuis des années, on voit que l’action politique est bloquée.
Personne n’a dit qu’il y avait une formule magique, une solution miracle. Mais il y a des choses à tenter, et l’on ne gagne rien à dénigrer d’avance les méthodes nouvelles, sans les essayer, quand les méthodes anciennes échouent.
“Où sont les démonstrations de construction dans l’univers démocratique du Cinquième pouvoir ?”
Il y a un exemple, pas directement politique, mais de construction collective qui marche, c’est Wikipédia. Aujourd’hui, quand on cherche une info, on n’ouvre plus son Universalis, on va sur Wikipédia.
Cela montre qu’une auto-organisation entre citoyens ne mène pas forcément au bordel et à la stérilité, ni à l’anarchie. Là encore, comme sous la 4e, avec une forme d’organisation qui peut paraître éparpillée, on aboutit à des constructions qui sont réelles.
Sur le plan politique, il y a par exemple un grand chantier qui est celui des réformes à mener pour adapter la France à la mondialisation et à l’évolution démographique. C’est un terrain très glissant, puisque cela remet en cause des avantages acquis et des modèles de société.
Aucun parti politique n’ose faire les choses, ni n’ose parler, de peur de se couper d’une partie des électeurs.
Sarkozy dit tout et son contraire, selon les sondages et les audiences. Un jour il est libéral, un autre jour patriote, un troisième il accuse l’euro…
Et sa course vers le pouvoir fait peur, ce qui paralyse sa capacité à convaincre. Même s’il est élu, le pays sera paralysé par les 20 ou 30% de Français qui le détestent. Il en a fallu moins pour bloquer le CPE.
Ces réformes à mener, les blocages communicatifs à débloquer, ce pourrait être un champ d’action pour des “citoyens du 5e pouvoir”.
La condition est que ce débat ne soit pas organisé par un parti politique ou un gouvernement, car aussitôt il perd toute crédibilité.
Loïc a commis une erreur historique en se rangeant derrière Sarko : dès lors il devient son clone, et se ferme l’auditoire qu’il devait convaincre.
Au lieu de pouvoir parler différemment aux citoyens pour toucher un auditoire non acquis, avec une valeur ajoutée, en tant que blogueur libre, Loïc porte désormais sur ses épaules tous les blocages communicatifs créés par Sarkozy, et son action est réduite à zéro, il n’y a plus de valeur ajoutée, les portes et les oreilles non acquises se ferment devant lui comme devant Sarko.
Il devient une sorte de Valérie Pecresse bis : un porte-parole du parti, qui inspire la méfiance.
Ce que l’on pense, avec cette idée de 5e pouvoir, c’est que le seul fait qu’un débat soit encadré par un parti, ferme les esprits, ferme les oreilles, et empêche la construction d’un projet.
Il faut donc construire ce que Thierry appelle des “autoroutes”, des voies de circulation qui ne soient pas partisanes, qui puissent réunir des gens qui se croient de gauche ou de droite, avant de découvrir qu’ils sont simplement des citoyens, confrontés aux mêmes problèmes : le chômage, la fiscalité, la sécurité, l’environnement, la concurrence, la vieillesse, la maladie…
Il reste des différences de choix de société, mais ce que l’on constate c’est que des barrières tombent, et qu’il y a moins d’oppositions aux réformes, parce que tout cela naît d’une discussion ouverte, qui n’est pas imposée d’en haut sans que personne comprenne.
Il y a aujourd’hui des choses qui se construisent, des accords qui se font, entre des alters et des libéraux, entre des membres de l’UDF et des membres du PS ou de l’UMP, qui sont réunis par les mêmes défis générationnels à surmonter.
By François on Dec 18, 2006
“vous me parlez de l’instabilité sous la 4e République, mais le Général de Gaulle disait à Coty : “Je sais Monsieur Coty, je n’ai pas assez de dimanches” = ce qui signifiait : “je n’ai pas assez de dimanches pour inaugurer toutes les constructions entreprises sous la 4e, qui fleurissent maintenant.”
De Gaulle, l’homme de la 5e, l’homme qui détestait l’instabilité de la 4e, était forcé de reconnaître que la 4e avait bcp accompli, bcp construit en France.
On s’est moqué de l’instabilité de la 4e, mais cela ne l’a pas empêché de faire bcp de choses.”
CELA MERITE D’ETRE DIT ET REDIT !
LA QUATRIEME REPUBLIQUE A RECONSTRUIT LA FRANCE, PAS LA CINQUIEME !
By Henri Alberti on Dec 18, 2006
“Je reviendrai sur le fond du commentaire d’Henri Alberti qui pointe lui aussi les procès d’interprétation de ce billet.” J’aimerais bien parce que pour le moment j’ai l’impression que mon post est encore “interprété” de travers.
Pour Axel: “car l’écriture sur un blog n’exige pas la même rigueur que pour un journal professionnel.” Les journalistes sont rigoureux ? Ah bon. Ah oui.. ne pas dépasser le nombres de lignes allouées !
By Xavier on Dec 18, 2006
Pour la citation du général de Gaulle, auriez-vous une référence ? Un lien ? Je ne la connais pas et je ne l’ai pas trouvée sur Internet.
Je n’ai pas le temps de faire une comparaison des mérites comparés de la quatrième et de la cinquième, je ne dis d’ailleurs pas que la quatrième était un mauvais régime en soi, je dis qu’il s’agissait d’un régime que les Français ont choisi de remplacer par un autre régime avec des caractéristiques différentes. Par ailleurs, il n’échappera à personne, que, sur les fonctions premières d’un État (à l’époque cela avait plus de sens), la cinquième a joué un rôle important (guerre d’Algérie par exemple) mais je m’égare. Je ne prétends pas qu’une constitution soit intangible, je dis que propose-t-on ? Et Internet, c’est bien pour vous et moi mais c’est un “vous” sérieusement hémiplégique, la fracture digitale, ça existe encore.
Pour Wikipedia, je trouve cela amusant car c’est l’exemple unique mais universel. Pourquoi l’un des créateurs de wikipedia crée-t-il citizendium ? Peut-être parce que des articles comme humanité sont l’objet d’un conflit http://fr.wikipedia.org/wiki/Humanité ? Peut-être parce qu’il faut des régulations dans tout monde et notamment celui des idées ?
Si wikipedia, s’est imposé, c’est peut-être aussi parce que les acteurs traditionnels n’ont pas su évoluer comme évoluent très peu les médias par exemple. En France, les politiques aussi, ont du mal à évoluer, c’est une évidence mais qu’avons-nous à leur montrer, qu’avons-nous (les internautes) réalisé ?
Pour comparer avec un univers politique que je connais bien : les États-Unis. Toutes les initiatives pérennes, ou pas, sont le fait de groupes organisés et centralisés (MoveOn, DailyKos) qui s’impliquent dans la vie politique. Oui, ces groupes ont accès à la parole grâce à de nouveaux médias dont Internet mais ils l’utilisent à des fins politiques tout de suite, ils s’impliquent dans la vie politique au sein des partis existants, ne cherchant pas à créer un autre pouvoir. En France, cela ne semble pas être le cas…
By page2007.com on Dec 18, 2006
“Pour la citation du général de Gaulle, auriez-vous une référence ? Un lien ? Je ne la connais pas et je ne l’ai pas trouvée sur Internet.”
Dans mes souvenirs, je l’ai lue soit chez Raymond Tournoux, soit chez Lacouture.
Je vais rechercher, mais je n’ai pas ces livres sous la main ici, ils sont à la campagne.
Je suis en tout cas certain de l’avoir lue, et il n’y a aucune raison pour que la source ait inventé cela.
Au sujet des recherches de citations sur Internet, cela donne des résultats très limités pour toute la période pré-Internet, quand ces citations n’étaient pas relayées au jour le jour par des internautes.
On est dépendant de ceux qui en parlent après, mais ça laisse dans l’ombre des millions de citations contenues dans des livres non numérisés.
D’autant que la génération de Gaulle n’est pas celle qui poste le plus sur Internet et qui tient le plus de blogs.
Dans le même style, je recherchais sur Internet des citations très connues de Paul Valéry, impossible de les trouver. Elles sont restées enfermées dans les livres, sans encore trouver de relais sur le Net.
Comme vous disiez plus haut, nous n’en sommes qu’au tout début du Net, Internet a quelques années d’existence dans le grand public, ce qui laisse prévoir encore bcp d’évolutions.
L’organisation de groupes sociaux sur Internet n’en est qu’au début.
Dans son rapport ‘Mapping the global future’, la CIA estime qu’en 2020 les groupes sociaux organisés via Internet à travers le monde pourront rivaliser avec des puissances étatiques pour structurer le monde d’une façon nouvelle.
By page2007.com on Dec 18, 2006
“Pour comparer avec un univers politique que je connais bien : les États-Unis. Toutes les initiatives pérennes, ou pas, sont le fait de groupes organisés et centralisés (MoveOn, DailyKos) qui s’impliquent dans la vie politique.”
Ne pas oublier qu’il y a encore quelques années, créer des sites sur Internet et parvenir à les faire connaître était reservé au petit nombre.
Aujourd’hui, la connaissance des mécanismes de viralité est à la portée de n’importe qui. Des amplificateurs de viralité comme Technorati, Google, BonVote… donnent de la visibilité à de simples particuliers ou à de petites structures, sans dépenser des fortunes.
Pour exemple, Page2007, créé en juillet, sans aucun moyens financiers, rassemble déjà 50 000 visiteurs uniques chaque mois (voir stats en haut), et la courbe évolue. Mi-décembre, j’ai autant de pages vues pour les 15 premiers jours (228000) que pour tout le mois de novembre (204000).
Par conséquent, il est extrêmement difficile de prendre pour exemples des cas qui datent de 5 ans. En 5 ans, tout a changé. Dans 5 ans, tout aura encore changé. Et tout va de + en + vite.
Quand la télévision sur Internet sera à portée des petites structures, et quand les spectateurs auront pris pour habitude de regarder autre chose que les deux premières chaînes nationales (ce qui vient avec le changement de générations), les conséquences seront énormes.
Il n’y aura plus un Journal de TF1 faisant 10 millions de spectateurs tous les soirs, et les conséquences seront sensibles sur le plan de la communication politique et de la structuration sociale.
By Nadia Tiourtite on Dec 18, 2006
J’aime bien les débats même si là je suis plutôt déçue du niveau de celui-ci.
Les remarques ne se rapportent même pas à mon propos.
Sauf Thierry Crouzet qui reconnaît l’absence de réponses pour le moment à mes interrogations. J’attendrai donc janvier…
Sinon, pour le reste, j’ai l’impression de me retrouver encore dans ces échanges autistiques dont le web raffole où il s’agit surtout de faire montrer de la réflexion la plus “brillamment alambiquée”, même sans pertinence.
En fait, j’ai la sensation d’avoir offert l’occasion d’un concours de “je blogue, donc je suis”.
La confusion est à plusieurs niveaux :
- Mon billet traitait du pouvoir des citoyens et Axel axe sa réponse sur l’approche comm’ de Sarkozy, donc du point de vue des partis politiques.
(pour le citer : “L’opposition entre Nicolas Sarkozy et Thierry Crouzet n’est pas une opposition entre action et communication/discussion.”)
N’étant pas sur la même idée, je ne vois pas comment son propos est une réponse à ma critique. Il aurait fallu pour cela que nous parlions de la même chose.
- “Aucun ne rejette l’importance de l’action.” écrit-il un peu plus loin :
À nouveau, reprenons le postulat du billet : j’interroge l’idée que les internautes citoyens ont le pouvoir politique, entendu comme action politique.
Dans ce questionnement, il n’y a pas trace de hiérarchisation entre action et communication, comme il l’établit dans son commentaire.
C’est encore une extrapolation hasardeuse : affirmer qu’Internet favorise principalement une expression politique citoyenne plus ouverte n’oppose pas expression et action. Ca ne contredit en rien l’idée que l’expression soit un préalable important à l’action.
- Procès d’intention :
Examiner la réalité d’un phénomène ne vise pas automatiquement à l’empêcher d’advenir. Dire que le 5ème pouvoir est loin d’être manifeste, ne signifie donc pas que l’on est pour que les partis gardent le monopole de l’action politique. Et bien au contraire, la ligne éditoriale du blog http://xmo.blogs.com est d’observer et mettre en avant les réelles actions de mobilisation (pas les ergotages). L’impact des blogs et autres formes de mobilisation online est un progrès, il ouvre des capacités d’action réjouissantes.
Et toujours sur le même type d’idées, à aucun moment, je ne conteste dans le billet les bienfaits d’une participation élargie au débat politique, ce que je dis :
1. en quoi cela permet-il d’affirmer “the power is to us” ?
2. en quoi cela est-il un signe de plus de démocratie ? L’équation plus de candidats = plus de démocratie, je le répète, me parait simpliste.
(un débat pertinent me répondant sur le fond aurait eu trait à ces deux questions)
Sur le Time : oui il y a un nouveau pouvoir de l’individu. Mais le sous-titre parle de contrôle !
Dans le time toujours, en date du 2 octobre : “The Netroots Hit Their Limits. Liberal online activists are finding you can’t move elections with just modems and IM” http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1538663,00.html
Les net citoyens américains, qui n’ont pas besoin de fantasmer leur pouvoir, reconnaissent leurs limites.
Pour ceux qui s’interrogent sur mon parcours, je me sens plutôt proche du PS.
Je ne suis pas d’extrême gauche : même si j’ai travaillé pour Roland Castro ( un petit candidat, et oui!) justement pour ouvrir et animer des laboratoires de projet et construire depuis le bas un projet politique. L’idée de base était que la politique est une affaire de projet de vivre ensemble et que les citoyens doivent se la réapproprier.
C’était du désir d’avenir un an avant à son échelle ! Le mvt réunit des gens de gauche et de droite : Patrick Franceschi, Eric Halphen, etc.
Côté rigueur, on m’ a appris à reprendre les termes du débat.
Ici : je ne prête pas à T. Crouzet des propos, ce sont ceux qu’ils formulent dans l’interview à Natacha ou sur les différentes tribunes.
Il parle de pouvoir politique au citoyen et de 5ème pouvoir à terme qui destituera les autres pouvoirs.
Or exercer le pouvoir politique est à mon sens un peu plus ambitieux que ce qu’on observe dans la blogosphère.
By page2007.com on Dec 18, 2006
“Mon billet traitait du pouvoir des citoyens et Axel axe sa réponse sur l’approche comm’ de Sarkozy, donc du point de vue des partis politiques. ”
Oui. On peut tout critiquer. Une critique d’une action ne vaut qu’en comparant avec une alternative.
Il n’est possible de critiquer les limites de l’action citoyenne, qu’en les comparant aux limites de l’action politique.
Il est très facile de dire que les citoyens organisés via Internet sont coupés de l’action politique profonde, atteignent des limites.
Mais il est intéressant de faire remarquer que les politiques eux-mêmes, sont coupés de l’action politique réelle. Les réformes en France ne passent plus, depuis des années déjà.
C’est donc que les politiques ont un problème pour agir. Ils ne parviennent plus à agir. Leur pouvoir d’action atteint aussi une limite.
Cela donne une importance plus grande à la recherche de nouvelles formes d’actions et communications, pour pouvoir agir, pour “déverrouiller l’action”.
Votre article portait, en partie, sur la notion d’action opposée à la notion de discussion.
A lire votre article, discuter n’est pas agir.
Or, de plus en plus, discuter c’est agir.
Les discussions sur le Net peuvent forcer un politique à mettre une question à l’ordre du jour politique.
Sachant que Thierry y répondrait dans son livre, j’avais laissé de côté le débat sur la fragmentation, qui concernait son article sur la longue traine, me concentrant sur cette notion du rapport communication / action.
Par ailleurs, comme nous ne sommes qu’au tout début du “pouvoir citoyen” sur Internet, je ne vois pas tellement l’intérêt de citer les limites qu’il atteint aujourd’hui, qui sont évidentes mais mouvantes.
Tout bouge très vite.
Que vous le vouliez ou non, le signe que donnait votre article, était celui d’un NO WAY.
Le 5e pouvoir était “une illusion”.
Sous-entendu, la politique, l’avenir politique, sont à rechercher dans l’organisation classique, les grands partis, etc.
Lorsque vous écrivez un article, vous ne pouvez pas demander qu’on ne réagisse qu’à votre pensée. Les réactions se font aussi sur certaines conséquences de votre pensée, sur certaines interprétations possibles, et sur des débats tiers inclus dans votre débat principal.
By page2007.com on Dec 18, 2006
J’ajoute que, comme je l’ai dit, mon billet était d’abord écrit en pensant que Xavier en était l’auteur.
J’avais eu connaissance de votre article par ce qu’en disait Thierry sur son blog, et il attribuait l’article à Xavier, n’ayant pas vu en bas le minuscule “posté par ntiourtite”.
Ce serait bien de mieux faire figurer visuellement votre nom sur le blog, car certains croient que tous les articles sont de Xavier.
Découvrant après coup le “ntiourtite”, j’ai informé Thierry, et j’ai moi-même un peu modifié mon papier, mais il garde des traces bancales dûes au fait qu’une partie s’adressait à Xavier, que j’avais croisé à l’UMP à quelques reprises, d’où l’importance des exemples sur Sarko et sa com, qui se comprennent moins rapportés à vous, Nadia.
By Henri Alberti on Dec 18, 2006
“J’aime bien les débats même si là je suis plutôt déçue du niveau de celui-ci.
Les remarques ne se rapportent même pas à mon propos.”
C’était le sens de mon post chez Thierry, je demandais plus de rigueur et de précision dans la lecture et moins d’interprétation. Le niveau général vous a déçu ? Moi aussi, vous y compris, mais je m’y attendais. Je savais pertinemment que mon post ne serait pas lu correctement.
By page2007.com on Dec 19, 2006
Henri, n’hésitez pas à développer à votre tour votre analyse. Vous n’êtes pas condamné à poser des questions et attendre des réponses.
On ne peut pas faire le tour d’un débat comme celui-ci, qui concerne des phéonomènes nouveaux et planétaires, en quelques minutes, avec un billet sur un blog.
C’est bien pourquoi Thierry a choisi d’écrire un livre, de prendre ce temps, et de prendre les 200 pages nécessaires pour faire un premier tour du sujet, qui ne soit pas simpliste.
By Xavier on Dec 19, 2006
lol. L’argument sur les signatures, je le trouve drôle, c’est dans les pieds de note en bleu ou en rose en fonction de l’auteur, c’est dans le flux rss aussi. Mais les acteurs du cinquième pouvoir sont peut-être un peu trop dans l’instantané pour être rigoureux ?
lol * 2 : si j’avais été le signataire, le contenu se serait plus prêté à la comparaison avec Sarko. Intéressant en terme de démarche intellectuelle. Et toi, d’où parles-tu Axel ? Sur les blogs politiques, il est courant de se présenter, de dire d’où l’on parle. Tu devrais peut-être te présenter au delà d’un copyright ? C’est pourtant une règle des blogs citoyens et politiques de dire d’où l’on parle.
Qui sont les certains ? Car les blogueurs qui reprennent des billets de Nadia, InternetActu par exemple, la citent nommément.
J’attends avec impatience la source de la citation du général de Gaulle.
By page2007.com on Dec 19, 2006
“Qui sont les certains ?”
Ceux qui n’avaient pas encore l’habitude de reprendre ses billets, et l’avaient mal identifiée sur votre blog, du fait que dans la rubrique “auteur” elle n’apparaissait pas. C’est mieux qu’elle apparaisse maintenant.
De fait Thierry a fait la confusion avec vous, et il en est sorti de ma part l’argumentation sur Sarko, qui n’était pas un procès d’intention mais un débat entre deux personnes qui avaient pu, à un moment ou à un autre, s’intéresser à sa communication. C’était davantage un prolongement du billet sur un autre plan et un parallèle, qu’un procès d’intention.
Je vais ouvrir un sujet sur Coty/De Gaulle, 4e et 5e.
By Henri Alberti on Dec 19, 2006
Je vais développer indirectement: citation;
« En attendant, nous faisons de la politique parce que nous ne savons rien. La façon dont nous nous y prenons le montre assez. Nos partis doivent leur existence à la peur des théories. A toute idée, songe avec effroi l’électeur, on peut toujours en opposer une autre. C’est pourquoi les partis se protègent mutuellement contre les deux ou trois idées dont ils ont hérité. Ils ne vivent pas de ce qu’ils promettent, mais de dénigrer les promesses des autres. Là est leur communauté d’intérêts tacite. Cette obstruction mutuelle qui n’autorise que de petits résultats pratiques, c’est ce qu’ils ont baptisé Realpolitik. Aucun d’eux ne sait vraiment où le fait d’obéir aux agrariens, aux exigences de la grande industrie ou à celles de la social-démocratie pourrait conduire. Ils ne veulent nullement faire de la politique; ils veulent représenter des classes sociales et s’assurer l’oreille du gouvernement pour des revendications limitées. Je n’y verrais pas d’objection si, du même coup, ils laissaient la politique à d’autres; mais non! ils vont jusqu’à conserver, en les alliant à des avantages économiques immédiats des idéologies aussi dévaluées que le christianisme, le royalisme, le libéralisme et la social-démocratie. Et en ne les mettant jamais en pratique, ils leur prêtent une apparence de sens et de sainteté ce qui est, de surcroît, un péché contre l’esprit.
J’ai la conviction qu’aucun de leurs programmes économiques n’est réalisable et qu’il ne faut même pas songer à en amender un seul. Ils seront emportés à la première bourrasque avec tout le fumier qui s’est accumulé sur une terre encore abritée du vent, ils se réduiront à des questions mal posées auxquelles on ne pourra plus répondre ni oui, ni non, à la première rafale de désir qui secouera le monde. Sans en avoir de preuves, je sais que nombreux sont ceux qui partagent mon attente. »
Cela me semble assez lucide comme constat, non ?
« Pour le moment, le temps est encore au calme, nous sommes là comme dans une cage de verre sans oser risquer le moindre choc, de peur que tout ne vole aussitôt en éclats. Nous sommes pris, avec le meilleur de nous-mêmes: notre art, nos découvertes, dans le filet de la finance … oui, nous aimons l’argent comme une sorte de dieu, de hasard, un organe irresponsable de décision. Croyons nous vraiment aucune organisation sociale en mesure d’encourager les bons artistes et d’évincer les mauvais? De reconnaître à telle invention, à telle idée, une valeur qui ne se manifeste que des années plus tard? Au fond, nous avons l’intime conviction que l’État est le dernier des imbéciles. L’argent non plus n’est pas réparti selon la justice, mais il l’est au moins selon le hasard et la chance - et ce n’est pas le désespoir institué que représenterait un État omnipotent. »
Cela résume pas mal de commentaires que l’on peut lire sur le web, non ?
« Telle est - esquissée - ma pensée. Et ma conviction, dès lors, m’engage à agir dans un sens dont mon sentiment ne veut rien savoir. Je me livre aux études théoriques préparatoires qui doivent m’aider à mettre en œuvre ma décision. Je cherche un programme économique qui garantisse la réalisation d’une démocratie pure, exaltante, capable de soulever de plus grandes masses encore. En attendant, bien sûr, je voterai social-démocrate ou libéral selon les circonstances; mais il est clair que nous avons besoin de quelque chose qui nous arrache à la platitude des partis actuels et qu’à ce genre d’idées, il faut un programme économique à titre de décret d’application. »
C’est le genre de pensée très largement partagées par les électeurs non affiliés à un parti, n’est ce pas ?
« Et je me pose ces questions naïves : qui cirera mes chaussures, qui charriera mes excréments, qui rampera pour moi, la nuit, dans les mines? Mon «frère humain»? Qui accomplira les gestes dont la réalisation correcte exige que l’on passe toute sa vie devant la même machine à faire la même chose? Je puis imaginer nombre de tâches aujourd’hui méprisées et qui ont pourtant leur magie, dès lors qu’on les accomplit de plein gré. Mais qui voudra se charger de tous ces autres travaux auxquels la misère seule peut contraindre? Avec cela, je veux des. voyages plus confortables qu’aujourd’hui et un courrier plus rapide. Je veux de meilleurs juges, de meilleurs logements. Je veux manger mieux. Je veux ne pas avoir à me fâcher contre l’agent du coin. Quoi donc! moi, l’homme, qui suis l’habitant de cette terre, je ne pourrais pas obtenir de ce mien logement un confort un peu meilleur que son piètre confort actuel?! »
C’est le genre de question que devrait se poser tout révolutionnaire ou adeptes des ruptures ou de changements !
Ces citations « lucides » ont été écrite par Robert Musil dans un essai daté de novembre 1913. Ce qui veut dire que depuis plus de 90 ans, la représentation que pourrait se faire quelque un de lucide sur la politique, les partis, les idéologies n’ont pas bougés d’un millimètre, malgré deux guerres mondiales, quelques guerres civiles, coloniales, un mur construit, un mur détruit, etc… Le téléphone et les médias ( radio et journaux ) existaient déjà. Le médiat télévision n’est qu’une amplification géante, multipliant la force de frappe, de ce qui existait à l’époque. La grande différence c’est une accélération exponentielle de la vitesse d’une forme déjà connue de communication. Mais la seule chose qu’une personne aussi lucide que Musil ne pouvait pas s’imaginer, c’était Internet.
By page2007.com on Sep 10, 2007
Je viens de retrouver ceci, dans “Le Coup d’Etat permanent”, de François Mitterrand :
“Les ministres de la Ve République n’ont pas assez de dimanches pour inaugurer les réalisations de la IVe”, a justement observé Félix Gaillard.”
(10/18 pages 32-33)
Mais dans mon souvenir de Gaulle a dit, sans doute en allusion à ce propos de Gaillard : “je sais M. Coty, je n’ai pas assez de dimanches”.
Cette citation est peut-être dans le même livre de Mitterrand, ou quelque part chez Tournoux…