Se Ma Fa (IVe siècle av JC) : Ne jamais se battre sur un terrain qui a la figure d’une tortue renversée

On ne perdra pas la dernière semaine de campagne, à parler d’un débat qui n’a pas eu lieu, ce sera donc le dernier billet consacré à ce sujet sur Page2007.
Il faut lire l’analyse de Thierry Crouzet, annoncée hier, qui reste la plus objective de celles que j’ai pu lire, écrite par un des acteurs de l’opération.
Le titre de son billet, L’art de la guerre, est à comprendre dans le contexte de l’émergence du 5e pouvoir, ou pouvoir des citoyens-Internautes libres, non dépendants des puissances politiques ou financières. Ce 5e pouvoir se distingue du 4e pouvoir (celui des grands médias), qui reste lié par de multiples intérêts économiques au système politique en place, ce qui limite son indépendance.
Il ne faut pas chercher dans cette notion de 5e pouvoir une quelconque pompe ou de l’orgueil. Il ne s’agit pas d’une volonté de puissance. Ce terme désigne simplement les libertés publiques qui résistent pour défendre leur existence et quelques principes essentiels, dont le pluralisme.
Il n’y a pas d’organisation du 5e pouvoir, puisque son principe est d’être inorganisé, d’être constitué des millions de citoyens qui défendent leurs droits, avec l’amplification que leur donnent les réseaux du Net, mais sans que le Net soit leur instrument exclusif.
Plus d’éléments ici : qu’est-ce que le cinquième pouvoir ?
Axel, Page2007
Thierry Crouzet : Pourquoi n’avons-nous pas réussi à organiser ce débat ?
1. Le pluralisme a été piétiné par une partie des organisateurs. Pour certains (ceux qui n’ont pas publié le second communiqué du mercredi 11), la diversité des idées n’avait justement peu d’intérêt, il fallait se concentrer sur les quatre vedettes, organiser un débat à quatre, parler de ce qui intéresse les Français.
2. Ils ont tenu cette position irrespectueuse du pluralisme alors même que Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il refusait un débat à quatre, justement au nom du pluralisme, et cela dès le 3 avril. Du coup, Sarkozy est devenu le défenseur des petits, c’est un comble. Il m’est arrivé de penser qu’il avait ses pions chez les opposants du débat à douze et qu’il avait piloté cette affaire. Je ne le crois pas aussi machiavélique. Dans ce cas, la position des opposants au débat à douze est tout simplement incompréhensible (leurs arguments techniques ne tenaient pas : des débats à douze se déroulent parfois lors des primaires américaines et d’autres possibilités existaient). Il ne tenait qu’à nous d’innover.
3. Proposer un débat à quatre a bien sûr offensé les huit autres candidats, qui pour la plupart se sont empressés de refuser la tenue de débats de rattrapage. J’approuve leurs réactions. Les candidats à une élection n’ont pas à être décrétés petits ou grands avant le scrutin. Qualifier a priori les uns ou les autres de grands, c’est antidémocratique car c’est, jusqu’à preuve du contraire, les électeurs qui décident le jour du scrutin. Traiter un candidat de petit, c’est méprisant.
4. Nous autres partisans du pluralisme avons été maladroits. Nous avons initialisé l’organisation du débat, puis nous avons contacté les grands médias et les avons introduits un à un dans la boucle. Plutôt que d’amener les grands médias sur notre terrain, internet, nous nous sommes laissés attirer sur le leur.
5. Ce fût une erreur fatale. Ils n’ont jamais organisé de débat au premier tour et il n’y avait aucune raison qu’ils le fassent cette fois. L’avenir ne leur appartient pas, il nous faut nous mettre cette réalité dans la tête, il nous faut arrêter de succomber à leurs vieux charmes. Nous sommes l’avenir, ils appartiendront à cet avenir en venant sur notre terrain. Ils peuvent nous apporter beaucoup mais je suis persuadé que nous pouvons leur apporter encore plus.
6. En attendant, leur terrain, c’est le star système et non pas la démocratie. Ils n’ont aucune idée que de multiples longues traînes apparaissent dans tous les domaines, en politique notamment. Ils ne savent que se concentrer sur le haut de l’iceberg et ne veulent pas voir que les choses importantes se passent ailleurs, notamment dans le web underground.
7. En fait, nous autres blogueurs n’avons pas cru en notre capacité d’organiser le débat, non pas en notre capacité technique, mais en notre capacité à convaincre les douze candidats. Nous avons voulu bénéficier de plus de puissance, une puissance qui s’est malheureusement concentrée en vain sur les quatre candidats.
8. En annonçant un débat à quatre, ce malgré la volonté de certains de faire débattre les huit autres en parallèle, nous n’avons trouvé que peu d’appuis dans la blogosphère massivement pluraliste. Heureusement, j’ai envie de dire.
Je suis maintenant convaincu que, si nous avions tenté d’organiser un débat à douze, si nous avions campé sur nos positions, nous aurions eu un débat. Peut-être pas à douze mais à dix sans aucun doute. Et la démocratie y aurait gagné.
Sur le même sujet :
» e-branlette collective - Retour sur un débat qui n’a pas eu lieu.
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One Response to “Se Ma Fa (IVe siècle av JC) : Ne jamais se battre sur un terrain qui a la figure d’une tortue renversée”
By Loin d'ici on Apr 17, 2007
Le cinquième pouvoir ? Vous parlez de sites comme Agoravox ? Ils font outrageusement de la propagande sans aucune objectivité. Revelli est un manipulateur au service de son candidat préféré, un certain FB !